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Banque: Les agios prélevés sur les comptes entreprises en Côte d’Ivoire sont les plus …

Banque: Les agios prélevés sur les comptes entreprises en Côte d’Ivoire sont les plus …

Banque: Les agios prélevés sur les comptes entreprises en Côte d’Ivoire sont les plus élevés au sein de l’Uemoa

Les frais de tenue de comptes entreprises appliqués en Côte d’Ivoire, sont les plus élevés de l’Union économique ouest-africaine (Uemoa), avec des agios (commissions) allant de près de 10.000 à 25.000 Fcfa pour les Sociétés anonymes (SA) et les Sociétés à responsabilité limitée (Sarl).

Le groupe marocain Attijariwafa affiche l’un des plus importants frais mensuels de tenue de comptes entreprises dans le secteur bancaire ivoirien avec 25.000 Fcfa pour les SA et 11.000 Fcfa pour les Sarl. Ecobank, lui, prélève 20.000 Fcfa pour les SA et les Sarl.

Nsia Banque Côte d’Ivoire (privée) a fixé à 19.800 Fcfa l’agio pour les SA et Sarl, contre 17.500 Fcfa pour la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de la Côte d’Ivoire (BICICI), une filiale du groupe français BNP Paribas.

La Société générale de banques en Côte d’Ivoire (SGBCI, filiale française), la première banque ivoirienne, applique 12.500 Fcfa par mois pour les agios des SA et Sarl. La Banque nationale d’investissement (BNI, publique), elle, propose 9.900 Fcfa, l’un des taux les plus bas du pays.

Au Sénégal, Bank of Africa (BOA) retient mensuellement une commission de 9.000 Fcfa pour les Sarl et 15.000 Fcfa pour les S.A contre 18.000 Fcfa en Côte d’Ivoire pour les SA et Sarl, alors que la Société générale de banques au Sénégal (SGBS, filiale française), soustrait 10.000 Fcfa pour ces deux types d’entreprises.

La retenue mensuelle de Ecobank Sénégal pour les SA et Sarl indique 23.400 Fcfa, l’un des agios les plus importants de la sous-région, soit plus de quatre fois celui du groupe au Bénin, qui propose 5.500 Fcfa par mois au niveau de sa filiale à Cotonou.

Les frais de tenue de comptes entreprises sont de 11.000 Fcfa pour les Sarl et 27.500 pour les SA à Ecobank Togo, où est basé le siège de la banque panafricaine, qui compte une représentation dans chaque Etat membre de l’Uemoa.

Au Mali et au Burkina Faso, deux pays sahéliens de la sous-région, Ecobank pratique respectivement 5.750 Fcfa et 10.000 Fcfa pour les SA et Sarl.

La filiale béninoise du groupe Attijariwafa (CBAO), prélève “plus de 4.000 Fcfa” contre 49.000 Fcfa par trimestre au Sénégal pour les SA/Sarl, soit 15.333 Fcfa par mois. La BOA ponctionne 5.500 Fcfa au Bénin et 8.850 Fcfa au Burkina Faso pour les SA et Sarl.

Selon un expert du secteur, les banques fixent leurs tarifs relativement à leurs objectifs, tout en prenant en compte l’environnement économique, notamment le risque-pays, le pouvoir d’achat et la politique nationale, conduite par la commission bancaire locale.

La Côte d’Ivoire, première puissance économique de l’Uemoa, représente 40% des parts de l’institution financière régionale suivie du Sénégal, avec un taux de 11%. Les tarifs bancaires fixés par le secteur bancaire ont également trait aux indices macro-économiques du pays.

Après la Côte d’Ivoire, le Sénégal se positionne comme le deuxième pays où les frais de tenue de comptes sont les plus importants au sein de l’espace Uemoa.

Les agios, une politique interne

Chaque banque établit une politique interne en fonction du marché afin d’inciter la clientèle, grâce à un certain nombre de services offerts aux entreprises, tout en leur donnant la capacité d’effectuer des opérations sur l’ensemble de leur réseau, à travers le monde.

Dans le système bancaire de l’espace Uemoa, seul le taux de crédit est fixé par la Bceao. Ainsi, les banques commerciales s’alignent sur le référentiel du taux directeur, plafonné à 15% (le taux de crédit bancaire).

Ces tarifs sont également ajustés au regard des capacités de la banque à répondre aux préoccupations de la clientèle, quelle que soit la zone géographique, afin de mettre à sa disposition des ressources financières pour son besoin, rapporte un analyste financier.

Hors Uemoa

Hors de l’espace Uemoa, notamment au Cameroun, les frais de tenue des comptes entreprises constituent une politique des établissements bancaires.

Ecobank, présente dans plus de 30 pays sur le continent, prélève mensuellement au Cameroun 10.000 Fcfa pour les SA et Sarl puis 7.500 Fcfa (hors taxe) pour les établissements.

La Société commerciale de banque du Cameroun (SCB), elle, applique 12.000 Fcfa par trimestre de même que la Banque Atlantique (Maroc), soit 4.000 Fcfa par mois.

Le gouvernement camerounais a imposé depuis juillet 2011, la gratuité de 15 prestations bancaires, dont le retrait d’espèces. Cette opération était facturée jusqu’à “environ 1.000 Fcfa” selon les établissements.

Dans l’espace Uemoa comme dans la zone de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), les frais de tenue de compte restent en vigueur, en dépit d’une imposition de services gratuits par les banques centrales, car les agios et les commissions constituent les sources de revenus pour les banques commerciales.

PAL/abidjan.net

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