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Banques grecques: forte dégradation des fonds propres en cas de crise (BCE)

Banques grecques: forte dégradation des fonds propres en cas de crise (BCE)

La Banque centrale européenne (BCE) a publié samedi des résultats de tests de résistance menés sur les quatre principales banques grecques montrant que leur réserves de fonds propres subiraient une forte dégradation en cas de choc économique.

Le superviseur bancaire de la zone euro s’est penché sur les bilans d’Alpha Bank, Eurobank, de la Banque nationale de Grèce (BNG) et de Piraeus Bank) en les soumettant à des scénarios de crise liés par exemple à des non-remboursements de prêts ou à un recul de leurs chiffres d’affaires.

Objectif: voir si leurs réserves en fonds propres sont suffisantes.

Il en résulte une “diminution moyenne” de leur ratios de fonds propres dits “durs”, les Common Equity Tier 1, “de l’ordre de 9 points de pourcentage, ce qui équivaut à 15,5 milliards d’euros”, a indiqué le gardien de l’euro dans un communiqué.

Cette baisse équivaut à peu près pour chaque établissement à une réduction de moitié de leurs fonds propres, donc de leur matelas de secours en cas de crise.

La perte serait de 8,56 points de pourcentage pour Alpha Bank, de 8,68 points pour Eurobank, 9,56 pour BNG et 8,95 pour Piraeus Bank, détaille la BCE, qui toutefois affirme que ces résultat ne constitue pas un brevet de solvabilité ou a contrario son rejet.

“Ces données serviront avec d’autres éléments à l’évaluation générale des banques”, a indiqué un porte-parole de la BCE.

Le ratio de fonds propres Tier 1 consiste en la partie jugée par les régulateurs la plus solide (le noyau dur) des capitaux propres des institutions financières.

Dans des communiqués distincts, les quatre banques se sont félicitées “d’avoir réussi” ces tests, qui, selon le dirigeant de Piraeus Bank Christos Megalou, “confirment que le contexte économique s’améliore de façon sensible en Grèce”.

“Les fonds propres d’Alpha bank, les plus élevés par rapport aux autres banques grecques, nous permet d’appliquer notre plan concernant la réduction des prêts non-performants et contribuer à la reprise en aidant au développement des entreprises du pays”, a affirmé Dimitris Mountzounis, directeur général de cette banque, cité dans un communiqué.

- Divergences -

Les quatre institutions bancaires grecques font partie de quelque 120 banques de la zone euro que la BCE supervise depuis 2014.

Ces tests interviennent alors que le pays doit achever en août le programme d’aide du troisième prêt et sortir de la tutelle de ses créanciers, UE et FMI, pour retourner sur les marchés financiers.

Ils constituent l’un des éléments qui doivent permettre d’évaluer la situation économique globale de la Grèce et, in fine, de trancher sur une éventuelle prolongation des aides.

Des discussions sont actuellement en cours au sein surtout de la zone euro sur l’allègement de la dette publique du pays -toujours énorme, à 178% du PIB- et les modalités d’un mécanisme de surveillance après la fin des programmes d’aide.

Mais ces sujets provoquent des divergences: la France propose un mécanisme automatique qui lie le niveau du remboursement de la dette à la croissance de la Grèce, mais l’Allemagne s’oppose à l’automaticité du mécanisme.

Selon la presse allemande, les créanciers envisageraient de prolonger le programme. Mais le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a récemment averti qu’”en aucun cas” le mécanisme de surveillance ne devrait “ressembler à un nouveau programme”.

De son côté, le gouvernement grec a assuré qu’il y aurait “une sortie claire” de la tutelle sans nouveau programme.

Athènes a bénéficié depuis 2010 de trois prêts internationaux de plus de 300 milliards d’euros au total et d’une restructuration importante de sa dette privée, l’ensemble assorti d’une stricte austérité.

dsa-hec/LyS
zonebourse

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