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BCE : cinq banques en manque de capital

BCE : cinq banques en manque de capital
Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision au sein de la Banque centrale européenne. - AFP

Le régulateur unique des banques exige en moyenne un ratio prudentiel de 8,3 % de fonds propres, contre 10,1 % l’an dernier. La baisse s’explique par un changement de méthode.

Le bulletin de santé est encourageant. Seulement cinq grandes banques dans la zone euro, dont l’identité n’est pas dévoilée, ne respectent pas les exigences spécifiques de ratio prudentiel de fonds propres fixées au 1er janvier prochain, a indiqué la Banque centrale européenne. Cela interdit aux établissements visés de payer tout dividende aux actionnaires ou tout coupon à des porteurs d’obligations.

Cette loi d’airain est appliquée au cas par cas par le mécanisme de surveillance unique (MSU) à Francfort, logé depuis 2014 au sein de la BCE, dans le sillage de la crise financière. L’autorité a pratiqué pour la deuxième année un examen des risques et du modèle d’activité de quelque 130 banques sous sa surveillance, ce qui se décline sous l’acronyme SREP (processus de contrôle et d’évaluation prudentiels), à un moment où plusieurs banques italiennes ont un besoin urgent de fonds propres.

Un bol d’air pour les banques européennes

Le taux moyen de capital réglementaire ressort en moyenne à 8,3 %, contre 10,1 % l’an dernier. La baisse constatée s’explique néanmoins par un changement de méthodologie pour appréhender le niveau prudentiel des fonds propres. Une partie de ces derniers sont seulement recommandés et n’ont plus de valeur normative. Pour la grande majorité des banques surveillées, le ratio de fonds propres qu’elles affichent dépasse donc de loin le niveau qui correspond à un minimum obligatoire à atteindre. En intégrant la part non contraignante des fonds propres à leur bilan, il ressort un ratio de 10,1 % pour la moyenne de l’échantillon, soit un score identique à l’an dernier.

Taux bas : le superviseur pointe les « vulnérabilités » des assureurs

L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) a publié jeudi soir les résultats des tests de résistance qu’elle a fait passer aux assureurs en 2016 et qui mettent en évidence des « vulnérabilités ». Ces « stress tests », auxquels se sont pliées 236 entreprises de 30 pays, visaient à mesurer leur résilience face à différents scénarios. Le scénario de taux durablement bas a un impact négatif de 100 milliards d’euros sur leurs bilans. Celui d’un « double choc » sur les taux et les valeurs d’actifs s’élève à 160 milliards d’euros. Selon l’Eiopa, ces résultats appellent « une réponse coordonnée » au niveau des différents superviseurs nationaux.

Un bol d’air pour les établissements bancaires de la zone euro, qui se plaignent volontiers de la montée sans fin des exigences réglementaires depuis l’éclatement de la crise financière. Le niveau des fonds propres « durs » des banques a de fait été relevé, selon un règlement de l’UE qui transpose l’accord plus général de Bâle, afin de rendre les banques plus résistantes face à la survenue de pertes. Mais les nouvelles règles appliquées cette année par la BCE font que les banques vont avoir plus de latitude pour distribuer du dividende ou payer des coupons à des porteurs de titres de dette.

Cela se voit déjà chez plusieurs banques qui ont vu leurs exigences de fonds propres obligatoires réduites pour l’année 2017. En Allemagne, Commerzbank devait atteindre cette année un taux de fonds propres durs de 10,25 %. Cette valeur passe à 8,5 % à compter du 1er janvier prochain, a communiqué la deuxième banque allemande en début de semaine. Deutsche Bank n’a pas encore publié le résultat du processus d’évaluation par la BCE car il n’en a pas encore eu connaissance, dit-il. Il pourrait retarder la publication des chiffres le concernant jusqu’aux résultats annuels, qui seront dévoilés début février prochain. En France, Société Générale a indiqué qu’il devrait désormais respecter un ratio de fonds propres de 7,75 %, soit 2 points de moins en un an. BNP Paribas parvient, lui, à 8 %, en baissant aussi d’un niveau comparable. En Italie, UniCredit, qui vient d’annoncer son intention de renflouer ses fonds propres à hauteur de 13 milliards d’euros, se voit réclamer un ratio de 8,75 % par la BCE.

Jean-Philippe Lacour
lesechos

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