jeudi 05 décembre 2019
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Berlin jubile après l’annonce de l’installation de la « gigafactory » de Tesla

Berlin jubile après l’annonce de l’installation de la « gigafactory » de Tesla

Elon Musk a choisi Berlin pour implanter son usine européenne de voitures électriques, à la grande satisfaction de la capitale allemande, qui peaufine son profil « high-tech ». Les constructeurs concurrents assurent ne pas craindre les ambitions de Tesla.

Mais qu’est-ce qu’elle a de plus que nous ? En Allemagne aussi, l’annonce de l’implantation d’une usine Tesla à Berlin a fait des jaloux. Loin de l’écosystème autour de BMW, Mercedes, Audi ou Porsche à Munich, Elon Musk a choisi la capitale allemande pour implanter sa première usine européenne.

Le pionnier américain de la voiture électrique veut y construire des batteries et ses modèles Y et 3, les plus abordables de la gamme. Les plans sont bien dans le pipeline, a confirmé mercredi le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmaier. « Après tous les pourparlers et contacts, je suppose que les décisions d’investissement sont très concrètes », a-t-il commenté.

10.000 emplois en perspective

Avec quelque 10.000 emplois en perspective, le projet a de quoi faire saliver. Alors pourquoi Berlin ? Pour la qualité de ses ingénieurs et la proximité de l’aéroport, a expliqué Elon Musk lors d’une cérémonie mardi soir. La référence à un aéroport qui doit ouvrir en 2020 avec sept ans de retard n’a pas manqué de faire sourire outre-Rhin…

En dépit des coûts de production qui sont plus élevés en Allemagne qu’en Europe de l’Est, le choix de l’écosystème berlinois ne surprend en revanche pas pour la production de modèles qui reposeront plus sur le numérique que sur la tôle. Les cartes HERE, le spécialiste de la mobilité « intelligente » IAV ou Siemens pour son « campus innovation » ont fait le choix de Berlin. L’emploi dans le numérique croît de 11,1 % par an à Berlin ces dernières années, soit deux fois plus que dans le reste du pays, selon une étude présentée le 8 novembre par la banque d’investissement de Berlin IBB et la fédération patronale régionale, la UVB. « Berlin et le Brandebourg forment une région dynamique et cosmopolite, avec un vaste paysage universitaire, des travailleurs formés mais aussi beaucoup d’espace libre », rappelle le directeur de l’UVB, Christian Amsinck.

L’espace semble avoir été le deuxième facteur décisif. Tesla devrait s’installer sur des terrains un temps convoités par BMW dans la ceinture de Berlin, là où la croissance des installations éoliennes est la plus forte tant il y a d’espace disponible.

Les concurrents restent confiants

L’Allemagne ou la région du Brandebourg ont-elles payé pour attirer Elon Musk ? « Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de discussion sur les subventions », a assuré Peter Altmaier, mais « Tesla sera traité comme tous les autres constructeurs ». Le président de région qui négocie avec Tesla, Dietmar Woidke, a assuré que « nous ferons notre possible pour créer de bonnes conditions » mais « dans le cadre des règles de l’Union européenne en matière d’aides d’Etat ».

Même pas peur !, assurent de leur côté les constructeurs allemands. « L’industrie automobile allemande investit déjà massivement dans la mobilité électrique et nous allons introduire 150 modèles électriques d’ici à 2023 », a expliqué dans un communiqué Bernhard Mattes, le président de leur fédération, le VDA. Bref, « nous n’avons pas peur de la concurrence, au contraire… ».

Déception en France

En France en tout cas, la déception est réelle. Le fantasque milliardaire avait fait miroiter, il y a quelques années, la possibilité d’y établir sa Gigafactory européenne. Lors de sa visite dans l’Hexagone début 2016, Ségolène Royal, alors ministre de l’environnement, avait notamment évoqué le site de Fessenheim, où la centrale nucléaire doit être démantelée. Mais on savait depuis plusieurs mois que Elon Musk préférait l’Allemagne.

« On peut s’en étonner, car la France a investi dans l’électromobilité depuis pas mal de temps, contrairement à l’Allemagne », relève néanmoins le directeur de l’Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports, Luis Le Moyne. « En outre, ajoute-t-il, les technologies et les ingénieurs français sont excellents et n’ont rien à envier aux Allemands – qui recrutent d’ailleurs chez nous. Mais il y a un réel déficit d’image de la France dans ce domaine ». Sa mauvaise réputation en matière sociale, avec ses rigidités et ses mouvements sociaux, a peut-être aussi servi de repoussoir.

Nathalie Steiwer
lesechos

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