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BMCE Bank mise sur le Mobile banking pour conquérir l’Afrique anglophone

BMCE Bank mise sur le Mobile banking pour conquérir l’Afrique anglophone

À travers sa filiale Bank of Africa, dont il détient 72,6%, le groupe bancaire marocain compte s’attaquer à de nouveaux marchés en Afrique, en particulier sa région anglophone. Pour ce faire, il mise sur le Mobile banking. Une délégation de BMCE Bank s’est d’ailleurs déplacée le 13 novembre au siège de l’opérateur Orange à Paris.

Si le groupe bancaire BMCE Bank of Africa a affirmé son assise en Afrique de l’Ouest, il entend bien pousser ses pions en Afrique australe et dans l’est anglophone. Un véritable relais de croissance pour la première banque marocaine à s’être aventurée dans cette dernière région. Toutefois, les spécificités de ce marché sont beaucoup plus complexes que celles de l’Afrique de l’Ouest où les taux de bancarisation sont encore très faibles. En effet, la concurrence est beaucoup plus acharnée et les innovations doivent être de mise pour grignoter des parts de marché.

Des innovations qui toucheraient principalement le segment du Mobile banking, à en croire Abderrazak Zebdani, DG Adjoint de Bank of Africa Sénégal. «Nos principaux concurrents en Afrique anglophone ne sont pas les banques, mais plutôt les opérateurs de télécommunications. Ces derniers collectent aujourd’hui de l’épargne et effectuent des virements, des métiers propres à la banque. Au Kenya, par exemple, 47 banques se partagent le marché à côté des opérateurs télécoms. Certaines banques, pour s’adapter au marché, ont même demandé une licence pour opérer dans les télécommunications», développe Zebdani. Pour s’adapter à ces exigences, le groupe marocain compte revenir sur les métiers de base de la banque à travers une meilleure relation personnalisée avec le client, un réseau de distribution plus important pour plus de proximité…
Toutefois, Zebdani ne cache pas les ambitions du groupe dans le Mobile banking. D’ailleurs, il nous confie qu’une délégation de BMCE Bank a fait le déplacement le vendredi 13 novembre au siège de l’opérateur Orange à Paris. Un produit dans le Mobile banking est ainsi en gestation entre le groupe marocain et l’opérateur français (très présent en Afrique et également actionnaire de Méditel au Maroc, aux côtés de FinanceCom du groupe Benjelloun), afin de desservir ces marchés. Son opérationnalisation devrait avoir lieu les prochains mois.

D’autres accords seront scellés avec les opérateurs Airtel et MTN notamment. Les dés sont ainsi jetés pour cette nouvelle ambition africaine du groupe, qui a organisé avec Maroc Export la première édition de l’African Business Connect à Dakar.

Questions à Laurent Basque DG de Bank of Africa Sénégal

«Nous détenons une part de marché de plus de 6%»

Que représente aujourd’hui Bank of Africa au Sénégal ?

Nous sommes présents au Sénégal depuis 15 ans. Nous détenons une part de marché de plus de 6%, en perpétuelle croissance. Ce qui fait de nous la cinquième banque du marché sénégalais. Nous avons réalisé un total bilan de 300 milliards de francs CFA et nous gérons 150.000 comptes. Nous disposons de 33 agences au Sénégal, dont 17 à Dakar. Notre clientèle est constituée principalement de particuliers, mais la part du segment entreprises et PME grossit ces dernières années. Nous nous intéressons aussi au secteur informel qui représente jusqu’à 70% de l’activité économique du pays.

Le taux de bancarisation au Sénégal est très faible…

Le taux de bancarisation ne dépasse guère 14%. Nous mesurons le potentiel de croissance sur ce marché. Pour cela, il faut aller vers les populations non bancarisées. Il ne faut pas rester à Dakar, mais se diriger notamment en provinces et offrir de nouveaux moyens de communication. Nous aurons beaucoup d’agences dans ces régions et nous allons lancer le Mobile banking début 2016.

Comment a jailli l’idée de lancer l’African Business Connect ?

Parmi notre clientèle Corporate, beaucoup cherchent des opportunités d’affaires avec leurs homologues marocaines et vice versa. Avec Maroc Export, nous avons conçu une plateforme de mise en relation de ces entreprises. African Business Connect permet ainsi d’interconnecter les entreprises africaines. L’objectif est de déboucher d’abord sur des échanges au niveau interafricain et surtout créer des joint-ventures Sud-Sud où les différentes parties trouvent leurs comptes. Cette volonté est aujourd’hui affichée par les Chefs d’État des deux pays. Au-delà de la volonté politique, il faut créer le pont économique pour que cela se traduise sur le terrain et c’est ce que nous ambitionnons de réaliser.

Mohamed Amine Hafidi
lematin.ma

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