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Bourse de Paris : Trump / Juncker, coup de théâtre ou coup de maître ?

Bourse de Paris : Trump / Juncker, coup de théâtre ou coup de maître ?

Il est encore un peu tôt pour affirmer que les Etats-Unis et l’Europe se sont rabibochés sur la délicate question des échanges commerciaux, mais des progrès indéniables ont été réalisés hier lors de la rencontre entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker. Et posent la question d’un front UE-US contre la Chine.

Ces deux-là avaient à coup sûr préparé le terrain en amont tant l’issue du sommet fut consensuelle. Lors du discours prononcé en clôture, Donald Trump a parlé de “grand, très grand jour” et a été largement applaudi lorsqu’il a déclaré qu’UE et US avaient “décidé de travailler ensemble vers le zéro droits de douane, zéro barrières non-tarifaire et zéro subventions sur les biens industriels non-automobiles”. Les néo-partenaires vont aussi s’employer à réduire les barrières et améliorer les échanges dans les domaines des services, de la chimie, de la pharmacie, des produits médicaments, du soja et de l’énergie. Ils ont aussi prévu de mieux protéger leurs entreprises et de travailler ensemble sur plusieurs autres sujets, dont la réforme de l’OMC.

Concrètement, les menaces de barrières douanières qui pesaient sur différents secteurs sont suspendues le temps des négociations. Washington et Bruxelles vont aussi s’employer à solder la question des surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium et les mesures adoptées en réponse par l’UE. Le sort de l’automobile reste en suspens, mais il serait curieux d’aboutir à une sorte de paix des braves sans intégrer ce secteur, qui plus est à l’heure où c’est celui qui montre le plus de signes de faiblesse à cause des tensions commerciales (avertissements de Ford, GM, Fiat Chrysler et Valeo notamment).

En bourse, c’est une avalanche de publications qui s’annonce aujourd’hui, avec notamment Amazon, Intel, Mastercard ou Amgen aux Etats-Unis et Royal Dutch Shell, Anheuser Busch Inbev, Roche, Nestlé, Total, L’Oréal, Airbus, AstraZeneca, Kering ou Daimler en Europe. Plus d’une centaine d’entreprises pesant plus de 10 milliards de dollars sont attendues d’ici ce soir. Hier post-clôture les mauvais résultats de Facebook ont semé la confusion, provoquant une chute de 24% de l’action hors-marché, ramenée à -19% par la suite. 19% de “FB”, c’est 116 milliards de dollars.

Les indicateurs avancés européens sont haussiers ce matin. La teneur du discours de Donald Trump nous laisse penser que Washington joue l’union du bloc occidental contre la Chine. Son introduction était d’ailleurs fondée sur le fait que les Etats-Unis et l’Europe représentent plus de 50% du PIB mondial. Plus loin dans son allocution, le Président américain a insisté sur la protection des entreprises européennes et américaines et sur la nécessité que les deux régions travaillent ensemble pour réformer le commerce mondial en ciblant plus que clairement, sans la citer, la Chine.

Les temps forts économiques du jour

La Banque centrale européenne donnera son verdict à 13h45 sur ses taux directeurs et son programme de rachat d’actifs. La conférence de presse de Mario Draghi suivra à 14h30. Aux Etats-Unis, les commandes de biens durables (14h30, consensus core +0,5%) et les inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30, consensus 215 000) accompagneront la balance commerciale mensuelle (14h30, consensus -67 milliards de dollars) et les stocks des grossistes (14h30, consensus +0,5%).

L’Euro a repris du poil de la bête hier, à 1,17325 USD. L’once d’or se négocie 1 231 USD, tandis que le brut léger américain WTI se traite 69,39 USD (-0,05%) et le Brent de Mer du Nord 74,43 USD (+0,06%).

Les principaux changements de recommandations

JP Morgan passe de souspondérer à neutre sur Bâloise, revalorisée de 151 à 169 CHF.
• Liberum passe de vendre à conserver sur Ferrexpo, en visant 185 GBp.
• Liberum abaisse de 570 à 540 GBp son objectif sur Hammerson, en restant à conserver.
• Jefferies rehausse de 315 à 355 CHF son objectif sur Lonza en restant acheteur.
• Société Générale reste acheteur de LVMH, revalorisé de 325 à 340 EUR.
• Jefferies rehausse de 37,50 à 40 EUR son objectif sur Moncler, en restant à conserver.
• Société Générale reste acheteur de Peugeot, revalorisé de 27 à 30 EUR.
• JP Morgan passe de neutre à surpondérer sur Uniqa, en visant 9,80 EUR.
• JP Morgan reste à surpondérer sur Valeo mais réduit de 70 à 67 EUR son objectif.

L’actualité des sociétés

Le secteur automobile continue à souffrir avec l’avertissement de Valeo, qui ne tiendra pas ses objectifs à cause de la hausse du prix des matières premières et des incertitudes liées au nouveau cycle d’homologation WLTP. Ingenico avertit également sur ses résultats, à cause de l’embargo iranien. A l’inverse, Nexity a révisé en hausse ses ambitions, comme TechnipFMC. Vallourec, Eurazeo, Fnac Darty, Alten, Europcar, Korian ou Elis ont aussi publié, comme de nombreuses autres entreprises. Aéroports de Paris a racheté l’ingénierie américaine Merchant Aviation.

Le trio Orange, Vodafone, Telefonica a remporté les enchères pour la 5G en Espagne. Moncler a dépassé le consensus. Qualcomm renoncera probablement à NXP. Facebook sombre de près de 20% post-clôture après des résultats décevants. Après Fiat Chrysler et General Motors, puis Valeo, Ford a aussi averti que ses résultats 2018 ne seront pas à la hauteur des attentes, à cause de la Chine et de l’Europe.

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