mardi 20 août 2019
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Bourse : en quête d’IPO africaines, Londres organise une tournée sur le Continent

Bourse : en quête d’IPO africaines, Londres organise une tournée sur le Continent
Après l’Afrique du Sud il y a deux mois, une délégation de la London Stock Exchange est actuellement en tournée en Afrique, d’abord au Kenya et en Angola et bientôt en Côte d’Ivoire, en Egypte et au Maroc. Objectif : étoffer la liste des 110 entreprises africaines cotées à Londres.

La London Stock Exchange, l’une des plus grandes bourses au monde, est en opération de séduction en Afrique. La place londonienne organise une tournée sur le Continent. Cette semaine, Ibukun Adebayo, directeur des marchés émergents et des marchés internationaux, dirige une délégation en visite à Nairobi au Kenya et à Luanda en Angola. De «futures escales»sont également prévues à Abidjan (Côte d’Ivoire), au Caire (Egypte) et à Casablanca (Maroc), a confié le responsable à Bloomberg.

Internationale ou non, toute entreprise concernée

En pratique, la démarche de la LSE consiste non seulement à attirer de grandes entreprises africaines sur ses marchés, mais aussi à inciter des doubles IPO sur les bourses importantes d’Afrique et à Londres. C’est d’ailleurs ce qui expliquerait la priorité donnée au Kenya dans ce périple financier, puisqu’en avril 2018, le président Uhuru Kenyatta avait personnellement fait le déplacement à la LES pour confirmer l’IPO en 2019 de la Société nationale pétrolière du Kenya (NOCK) à la fois à Nairobi et à Londres, avec une possible interconnexion entre les places financières. Les pourparlers sont également en cours pour un procédé similaire au Nigeria.

«Si une entreprise a un plan de croissance stratégique international, alors la LSE est un véhicule idéal pour qu’elle vienne se mettre sur la liste […] Si la société est purement nationale et qu’elle a besoin de collecter des fonds sur le marché intérieur et d’augmenter le nombre d’investisseurs disponibles, la LSE peut alors aider à travailler avec des partenaires locaux», a expliqué Adebayo.

Destination privilégiée pour l’émission d’eurobonds de certains pays tels que le Nigeria, le Kenya, l’Egypte ou l’Angola, la LSE compte à ce jour plus de 110 entreprises africaines cotées, selon son rapport Compagnies to inspire Africa 2019 publié en début d’année. Quelques rares business préparent en douce leur IPO. Airtel Africa, filiale du géant indien des télécoms Bharti Airtel, s’est déjà entourée de grandes banques américaines et londoniennes sans qu’une échéance soit révélée pour son introduction en bourse en Londres. En revanche, Dangote Group devrait concrétiser le projet durant l’année en cours, selon les déclarations de patron en octobre dernier.

L’empreinte de la stratégie post-Brexit

Cette tournée africaine de la LSE intervient deux mois après sa descente sur le terrain en Afrique du Sud où la place londonienne a également échangé avec les autorités pour encourager l’IPO de grandes entreprises locales. Dans chacun des pays ciblés, la place londonienne a déjà identifié les entreprises qu’elle souhaite voir sur ses marchés. Et ces dernières opèrent aussi bien dans le secteur de l’énergie que l’agroalimentaire, l’hôtellerie, l’immobilier ou la santé, pour ne citer que ceux-là.

Comme le souligne la presse britannique, l’actuelle démarche de Londres est assez inhabituelle, car ce sont généralement les entreprises qui se battent pour rejoindre l’une des plus importantes places financières au monde. Alors que la stratégie post-Brexit semble expliquer cet engouement, les responsables de la LSE répondent par la négative, arguant que le Brexit ne saurait avoir un impact sur la bourse, car seuls 9% des investisseurs dans les entreprises cotées proviennent d’Europe, quand 40% sont issus du Royaume-Uni et 30% des Etats-Unis. Toutefois, l’implication d’Emma Wade-Smith, Déléguée commerciale pour l’Afrique dans le rapportCompagnies to inspire Africa 2019,en dit long sur l’intérêt post-Brexit des nouvelles orientations des marchés londoniens.

Ristel Tchounand

afrique.latribune

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