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Brahim Benjelloun-Touim : « Nous sommes attachés à la préservation du caractère malien de la BDM »

Brahim Benjelloun-Touim : « Nous sommes attachés à la préservation du caractère malien de la BDM »

A la suite d’une assemblée générale très attendue de la Banque de Développement du Mali, Brahim Benjelloun-Touim, l’administrateur directeur général du groupe marocain BMCE Bank, premier actionnaire de la banque malienne en terme de participation, a accepté de répondre aux questions de l’Agence Ecofin, sur des éléments essentiels de cette rencontre d’actionnaires.

Agence Ecofin : La participation de BMCE au sein de BDM a-t-elle été modifiée, éventuellement sans modification des droits de vote ?

Brahim Benjelloun-Touim : BMCE Bank détient 27,3% des actions et des droits de vote de la BDM. Si cette participation est prévue d’être portée à 32,3%, c’est parce que nous rachetons la participation d’un actionnaire sortant. Gardons à l’esprit que BMCE Bank s’engage, au titre du pacte d’actionnaires récemment signé, à ne pas dépasser le seuil de la minorité de blocage, soit 33,3% du capital de la BDM. C’est dire combien nous sommes attachés, autant que nos autres coactionnaires, à la préservation du caractère malien, en premier et en dernier ressort, de la BDM.

Agence Ecofin : Quel commentaire votre groupe peut-il faire au sujet du pacte d’actionnaires, validé lors de la dernière assemblée générale et de ses opportunités sur la rentabilité de BDM ?

Brahim Benjelloun-Touim : Le pacte d’actionnaires a été signé le 11 avril courant entre l’Etat du Mali, BOAD et BMCE Bank. Il demeure ouvert aux autres actionnaires de la BDM, actuels et futurs, qui souhaiteraient y adhérer. Ce pacte formalise simplement l’existant d’une relation – au demeurant – de confiance qui existe entre les actionnaires institutionnels. Un élément essentiel du bien-fondé d’un tel pacte est de consacrer les règles de bonne gouvernance, tout en réitérant les axes stratégiques de la BDM, d’ores et déjà entérinés par ses organes de décision. On doit se féliciter, d’ailleurs, qu’il y ait eu des avancées en matière de gouvernance. Nous avons la conviction qu’elles permettent de doter la BDM des meilleurs standards en la matière, à même d’assurer une répartition optimale des pouvoirs et de favoriser une gestion rigoureuse et performante, en phase avec les normes éprouvées à l’échelle internationale.

Agence Ecofin : Dans le cadre d’une interview publiée sur un média malien, l’administrateur Mohammed Agoumi, représentant BMCE Bank, évoquait la volonté de BMCE de faire de la BDM un groupe avec des filiales dans d’autre pays. Confirmez-vous cela et si oui, un timeline est-il déjà arrêté?

Brahim Benjelloun-Touim : La règle est que les administrateurs nommés pour représenter notre groupe au Conseil de BDM le représentent effectivement et parlent donc en son nom. En fait, c’est le Conseil d’administration de la BDM qui a fait le choix d’en faire, a un horizon assez rapproché, une banque régionale, présente dans l’ensemble des pays de la sous-région. C’est à cette aune-là qu’il faut, d’ailleurs, appréhender les ouvertures de filiales déjà opérées en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et en Guinée Bissau. En tant qu’actionnaire historique de BDM – nous y avons investi la première fois il y a de cela, plus d’un quart de siècle ! – nous respectons et appuyons ces choix, inspirés de la volonté de l’actionnaire de référence qu’est l’Etat malien.

Agence Ecofin : Il a aussi été évoqué le souhait de BMCE Bank de voir s’accroitre l’importance de la BDM sur le marché bancaire malien avec la possibilité d’accorder plus de concours à l’économie mais aussi d’apporter des services à l’Etat. Combien êtes-vous prêts à injecter dans cette perspective ?

Brahim Benjelloun-Touim : Nous observons, avec satisfaction, que la BDM, en tant que banque leader au Mali, contribue de façon significative au développement de l’économie de son pays, à travers, notamment, le financement de ses secteurs clés (coton, télécommunications, hydrocarbures, agroalimentaire). Nous nous en réjouissons en tant que citoyens africains d’abord, en tant que Marocains également, attachés que nous sommes, à la stabilité et à la prospérité de ce pays ami et frère. Nous nous en félicitons aussi en tant que banquiers et opérateurs, engagés dans le développement économique des pays ou notre groupe est présent, que ce soit à titre majoritaire ou minoritaire comme précisément dans le cas de la BDM.

Nous œuvrons au sein du Conseil, aux cotes des pairs administrateurs, à ce que soient réunies les conditions appropriées pour que cette banque assoie, sur des bases encore plus solides, son positionnement et libère davantage son potentiel. Parce que nous avons confiance dans l’esprit constructif de concertation qui anime le Conseil, nous demeurons solidaires des décisions qu’il prend en termes de déclinaisons opérationnelles de la stratégie qu’il arrête pour la BDM. Laissons alors le soin aux instances dirigeantes de la BDM de les définir, de les défendre devant l’opinion publique et donc d’en parler.

Propos recueillis par Idriss Linge
agenceecofin.com

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