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Brexit : Citigroup tranchera d’ici mars sur d’éventuels transferts

Brexit : Citigroup tranchera d’ici mars sur d’éventuels transferts

La banque a rapproché son entité irlandaise de son entité anglaise pour garantir son accès au marché européen. En cas de « hard Brexit », plusieurs places financières profiteraient de transferts d’activités, en fonction de la proximité clients.

Citi serait dans une bien meilleure position que ses concurrents face au Brexit. C’est ce que pense Jim Cowles, le patron de la banque américaine pour l’Europe et le Moyen-Orient. L’établissement a en effet rapproché son entité irlandaise de sa banque britannique début 2016 pour optimiser son capital. Elle s’est ainsi ménagée une porte de sortie sur le marché continental en cas de rupture sèche avec l’Europe, a-t-il expliqué jeudi lors de la traditionnelle conférence annuelle du groupe à Londres.

Mais ce n’est pas un sauf-conduit. L’entité de Citi à Dublin, qui porte 46 milliards d’euros d’actifs, est en effet habilitée à mener des opérations bancaires de financement, mais pas de trading, gérées à Londres depuis sa filiale anglaise. C’est là que la question de transferts dans des juridictions continentales pourrait donc se poser en cas de « hard Brexit » . La banque a par ailleurs démenti la rumeur d’un transfert de 900 personnes à Dublin.

Jusqu’au premier trimestre 2017 pour arrêter sa décision.

La question des transferts est cependant complexe car certains métiers comme les taux nécessitent les deux types d’habilitation (bancaire et trading). A ce stade, Jim Cowles n’a pas indiqué avoir tranché sur le choix d’une localisation. « Nous sommes en train d’analyser toutes les questions que cela soulève, du point de vue juridique, réglementaire, conformité et risques, sachant qu’entre un hard et un soft Brexit, les options intermédiaires peuvent être nombreuses », a déclaré le dirigeant. « Nous devons nous préparer à toutes les éventualités ». Citi se donne jusqu’au premier trimestre 2017 pour arrêter sa décision, a-t-il ajouté.

Mais en réalité, il n’est pas certain qu’il tranche entre Paris ou Francfort , où le groupe compte respectivement 180 et 300 personnes (contre plus de 6.000 à Londres et 2.500 à Dublin). Jim Cowles a particulièrement insisté sur l’environnement réglementaire, et déclaré qu’ il « n’y aura pas une seule juridiction choisie, mais plusieurs, si la banque devait en venir à se prononcer sur cette question ». 60% de nos 18.000 personnes présentes dans la région sont hors du Royaume-Uni, déployées dans 21 pays, et « ce qui comptera sera la proximité avec nos clients », a-t-il souligné. Seule certitude, pour Jim Cowles, l’option d’un rapatriement pur et simple à New York n’est pas à l’ordre du jour -menace que faisaient planer des banques américaines ces dernières semaines. Il a garanti également qu’aucune activité ne disparaîtrait (mais il n’a pas dit aucun poste), indiquant même que « Londres restera un centre d’affaires de première importance, au même titre que Hong Kong et New York ».

Jim Cowles a émis un seul souhait à l’égard des autorités bruxelloises : que dans ce climat d’incertitude, elles arrêtent d’ores et déjà la durée de la période de transition, pour permettre aux entreprises de se mettre en règle « quelque soit la décision finale »

Anne Drif
lesechos

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