dimanche 24 février 2019

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Brexit: dans le flou, les milieux économiques européens s’inquiètent

Brexit: dans le flou, les milieux économiques européens s’inquiètent

Au lendemain du rejet massif par les députés britanniques du plan de Brexit proposé par Theresa May, l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne sans accord au 29 mars n’est pas écartée et alimente la crainte d’une désorganisation de l’économie.

Le rejet massif mercredi des parlementaires britanniques au plan de sortie du Royaume-Uni négocié entre Londres et Bruxelles, continue de provoquer moultes réactions au sein de l’Union européenne. En Allemagne, l’industrie redoute un véritable chaos et craint pour l’avenir des échanges avec le Royaume-Uni qu’il évalue à plus de 175 milliards d’euros.

Les représentants du secteur demandent aux Britanniques de tout faire pour éviter un Brexit dur. Car sans accord de transition, le Royaume-Uni sortira du marché unique et ses relations commerciales seront alors régies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec le retour des contrôles et des frais de douanes. Produire au Royaume-Uni dans pareilles conditions serait irrationnel, a martelé la Chambre de commerce allemande. De plus, avec la menace d’un « No deal », une phase supplémentaire d’incertitude pèse sur les entreprises. Les constructeurs automobiles, comme Wolkswagen et BMW, sont dans l’attente et freinent leurs investissements.

L’inquiétude domine aussi au Danemark, où le Groupe danois de transport et de fret craint des délais d’acheminements d’un à deux jours pour les marchandises, qui entrent et sortent du Royaume-Uni.

Anticipation impossible

Une inquiétude partagée par les exportateurs de vins et spiritueux français. Les exportations de cette filière représentent le deuxième poste de l’excédent commercial de la France, juste après l’aérospatial, avec 13 milliards d’euros en 2017. Dix pour cent des ventes sont réalisées au Royaume-Uni, soit 1,34 milliard d’euros.

« Cette incertitude crée un environnement particulièrement difficile pour les exportateurs de vins et de spiritueux français », déplore ainsi Nicolas Ozanam, délégué général de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Ceux-ci aimeraient connaître les règles qui régiront les échanges avec le Royaume-Uni, afin d’établir les documents nécessaires au passage des frontières, ou encore adapter les étiquetages.

Mais le flou persistant autour de la sortie britannique de l’Union européenne empêche toute anticipation. « Ce sont ces incertitudes qui font que les entreprises, de manière générale, ont beaucoup de peine à anticiper un changement. Nous ne savons pas véritablement comment ceci devrait fonctionner », poursuit Nicolas Ozanam.

Le secteur bancaire est quant à lui plus serein. S’il regrette le vote britannique, il se dit prêt. « Les conséquences nous paraissent toutes gérables », a affirmé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. De même, l’opérateur du tunnel sous la Manche aurait adapté ses infrastructures pour que d’éventuels contrôles douaniers n’affectent pas la fluidité du trafic.

rfi

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