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Brexit : du chaos à l’accord miracle, les scénarios possibles

Brexit : du chaos à l’accord miracle, les scénarios possibles

A six mois du Brexit, Londres et Bruxelles ferraillent toujours. Revue des possibilités, de la plus optimiste à la plus noire.

Bruxelles et Londres le répètent, le mois d’octobre sera décisif. A six mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les deux parties n’ont plus le choix. Aucun accord de divorce n’a encore été trouvé, et les points de frictions sont encore nombreux. Tour d’horizon des différents scénarios possibles :

Un Brexit chaotique

Si l’actuelle Première ministre britannique devait être renversée, si elle ne parvient pas à un accord avec l’UE, ou si le Parlement britannique rejette son plan, la Grande-Bretagne s’enfoncera dans la crise.

> Theresa May s’en va

Tancée au sein de son Parti conservateur, Theresa May pourrait être mise en difficulté lors d’un congrès de son parti , fin septembre à Birmingham. L’aile dure des « Tories » a promis publiquement de voter contre un accord avec Bruxelles et certains planchent déjà sur le nom du potentiel successeur de Theresa May

Mise en minorité lors des élections anticipées de 2017 et obligée de composer avec une majorité plurielle et notamment dix élus unionistes nord-irlandais, Theresa May pourrait faire le choix d’un départ.

L’arrivée d’un nouveau gouvernement retarderait forcément les négociations déjà ardues avec l’UE. De nouvelles élections anticipées ne sont pas à exclure. D’après les sondages, aucune majorité claire ne se dégage.

> Pas d’accord de sortie : le hard-Brexit

Londres et Bruxelles répètent qu’ils veulent parvenir à un accord de divorce, mais le temps presse. Le sommet informel de Salzbourg, tenu mardi et mercredi n’a permis aucune avancée substantielle. Theresa May a demandé aux Européens d’infléchir leurs positions. Une demande restée lettre morte.

Deux documents doivent pourtant être approuvés : le traité sur le retrait britannique et une déclaration sur les futures relations entre Londres et les Vingt-Sept. Et les points de frictions restent nombreux. Notamment, sur la question irlandaise , ainsi que l’état des relations commerciales post-Brexit .

C’est une éventualité à laquelle les Britanniques se sont préparés, Londres ayant dégainé dès le mois d’août son plan d’action en cas de sortie sans accord.

> Rejet de l’accord par le Parlement britannique

Tout accord entre Européens et Britanniques devra être approuvé par les parlementaires du Royaume. Theresa May espère que la crainte d’un « no deal » poussera de nombreux parlementaires conservateurs et travaillistes à soutenir le plan de Chequers .

Le Parlement britannique sera appelé à se prononcer sur l’accord de Brexit, sur l’accord de retrait (Withdrawal Agreement) et sur la loi d’application (Implementation Bill). Lors des derniers votes à Westminster, Theresa May a en moyenne disposé d’une majorité de six voix.

En l’absence d’accord avec les Européens, les autres options consisteraient à demander une prolongation des négociations ou à organiser un autre référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.
Accord de dernière minute

Les négociateurs britanniques tentent de persuader la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron de s’assurer que l’UE accepte un accord que Theresa May pourra « vendre » au Parlement de Londres.

Selon David Lidington, le numéro deux du gouvernement britannique, le projet d’accord de retrait (Withdrawal Agreement) est prêt à 85 %, voire 90 %.

Dans le cas d’un accord, une période de transition post-Brexit est prévue jusqu’au 31 décembre 2020.

Brexit annulé après un nouveau référendum

Cette hypothèse est hautement improbable. Mercredi Theresa May a indiqué qu’il était hors de question de tenir un second référendum sur le Brexit. Mais tout le monde n’est pas de l’avis de la Première ministre .

Pourtant, le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est récemment déclaré en faveur d’une nouvelle consultation. Lors d’un sondage datant de fin juillet, les partisans d’un nouveau vote étaient devenus majoritaires (51 %). Début septembre, une autre enquête d’opinion réalisée par plusieurs centres d’études montrait qu’une majorité d’électeurs (59 %) voteraient en faveur d’un maintien dans l’UE.

Dans l’opposition, le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn a jusqu’à récemment déclarer qu’il n’était pas favorable à une nouvelle consultation. Mais sa position semble évoluer sur le sujet et il n’exclut plus l’opportunité d’un nouveau vote. Adoptée, l’idée d’une nouvelle consultation déclencherait une crise institutionnelle majeure dans le pays.

lesechos

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