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Brexit : les banques européennes ont réduit leur exposition au Royaume-Uni

Brexit : les banques européennes ont réduit leur exposition au Royaume-Uni

Les banques du Continent ont allégé leurs bilans de 350 milliards d’euros d’actifs britanniques après la victoire du « leave ». Elles craignent surtout une absence d’accord entre Londres et Bruxelles.

Les banques européennes ont fait fondre leur exposition au Royaume-Uni depuis qu’il a décidé, en juin 2016, de quitter l’Union. C’est ce que montre une étude publiée fin novembre par l’Autorité bancaire européenne (ABE) . Selon cette enquête réalisée auprès de 132 établissements, les banques européennes ont allégé leurs bilans de 350 milliards d’euros d’actifs britanniques dans l’année qui a suivi la victoire du « leave ».

Les banques ont ainsi ramené le poids de cette classe d’actifs de 1,94 billion d’euros en juin 2016 à 1,59 billion en juin 2017. Elles ont dans le même temps réduit leurs passifs, tombés sur la même période de 1,67 à 1,34 billion d’euros.

Continuité des contrats

La baisse des actifs et passifs britanniques dans les bilans bancaires du Continent s’explique essentiellement par la forte réduction de l’exposition aux dérivés : elle a chuté de 35 %, là où celle des autres catégories (actions, titres de dette, prêts et avances côté actif, positions courtes et dépôts côté passif) restait relativement stable.

Principale crainte des banques européennes : un scénario de « no deal », où Londres et Bruxelles échoueraient à conclure un accord pour organiser leurs relations futures, une fois le Royaume-Uni sorti de l’UE en mars 2019. « Alors que seulement 10 % des banques anticipent des implications négatives sur leurs activités en cas de’Brexit dur’, plus d’un tiers s’inquiètent de la continuité des contrats financiers dans un tel scénario », souligne l’ABE.

La continuité des contrats d’assurance et de dérivés conclus d’un côté de la Manche mais ayant des contreparties sur l’autre rive, notamment, pose problème. La Banque d’Angleterre a récemment averti qu’il faudrait en passer par la loi pour le surmonter.

Contreparties centrales

L’absence d’un accord pour l’après Brexit « pourrait affecter la capacité légale [des banques] à remplir leurs obligations contractuelles, ainsi que la prestation de certains services auxiliaires, par exemple pour les prêts, les lignes de liquidité, ou les accords de swaps », estime l’Autorité bancaire européenne.

Les particuliers comme les entreprises, y compris les établissements de crédit ou de paiement, pourraient en payer les conséquences. L’ABE pointe notamment « de potentielles annulations, révisions ou renégociations de contrats », ainsi que des risques de « pertes de protection, de disruption ou de pertes financières ».

Autre sujet d’inquiétude en cas de « no deal » : le Royaume-Uni serait alors ravalé au rang de pays tiers, ce qui pourrait empêcher les contreparties centrales britanniques d’opérer, au moins pendant un temps, dans l’Union européenne. Avec à la clé non seulement une menace pour la continuité du marché, mais aussi un défi pour les banques européennes, qui pourraient devoir augmenter leurs capitaux réglementaires sur ce type de contrepartie.

Alexandre Counis
lesechos

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