dimanche 15 septembre 2019
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British Steel victime du Brexit et des mauvaises perspectives de l’acier européen

British Steel victime du Brexit et des mauvaises perspectives de l’acier européen

British Steel, l’aciériste britannique qui a repris le Français Ascoval, est lui-même en très mauvaise passe, depuis le vote du Brexit, alors que l’horizon s’assombrit pour l’acier européen.

Deuxième aciériste britannique, British Steel a été fragilisé par le divorce annoncé du Royaume-Uni et de l’Union européenne. Même si le Brexit n’est pas encore effectif, les clients continentaux de British Steel ont déjà diminué leurs achats, par anticipation d’un retour aux contrôles douaniers de part et d’autre de la Manche.

Explosion des coûts et baisse des ventes

L’affaiblissement de la monnaie britannique, la livre sterling, causé par le Brexit, a également alourdi les coûts de production, notamment les achats des matières premières, fer ou ferraille et charbon, importés en dollars ou en euros. Enfin, en l’absence d’un accord entre Londres et le continent sur l’avenir du marché carbone européen, Bristish Steel a dû acquitter sa facture de quotas de CO2, en plus d’une taxe carbone britannique. Lourde contribution pour les aciéristes, parmi les plus gros pollueurs.

Tout cela a fragilisé la situation financière de British Steel, rebaptisée ainsi depuis que Tata Steel l’a vendu pour une poignée de livres à une société de capital investissement, Greybull capital, en 2016. En reprenant l’aciérie française d’Ascoval en France, British Steel espérait justement contourner les conséquences du Brexit.

Afflux d’acier en Europe

Mais les perspectives pour l’acier, en Europe, sont décidément mauvaises. Après deux ans de stabilité, qui avaient permis de recréer 10  000 emplois dans le secteur dans toute l’Union européenne, l’horizon s’assombrit à nouveau. Depuis que Washington a imposé des taxes sur les importations d’acier, les surcapacités mondiales affluent vers l’Europe, les importations ont augmenté de 12 % en 2018 et le mouvement devrait s’amplifier cette année puisque les mesures européennes de sauvegarde sont progressivement abandonnées depuis février.

« Tempête » en 2019

À cela s’ajoute le déclin annoncé de la demande, en particulier de l’industrie automobile européenne, dont l’embellie est terminée. Il faut ajouter l’augmentation du prix des matières premières, notamment du minerai de fer, depuis la rupture du barrage minier de Vale au Brésil. Et enfin l’augmentation du prix des quotas de CO2 en Europe. « Chacun de ces facteurs pris séparément aurait causé des difficultés au secteur, leur combinaison, juge le directeur général d’Eurofer, cité par MPE Media, crée les conditions d’une véritable tempête pour l’industrie européenne de l’acier ».

Claire Fages

rfi

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