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BRVM : Interview Edoh K. Amenounve, DG « La BRVM résiste aux chocs exogènes »

BRVM : Interview Edoh K. Amenounve, DG « La BRVM résiste aux chocs exogènes »

Dans cet entretien, Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), évoque la résistance de la bourse aux chocs exogènes, la stabilité monétaire de la région, les belles performances économiques de la zone et les défis que la BRVM doit relever. Il s’est également penché sur l’attractivité de la bourse ouest-africaine et les projets innovants en cours.


 

Les Afriques : La BRVM est l’une des plus grandes places boursières en Afrique (6ème place). Quel est l’impact de la conjoncture actuelle (chute du prix du baril du pétrole et des matières premières) en Afrique sur son développement ?


Edoh Kossi Amenounve : La BRVM n’a pas été affectée par cette situation du fait de la résilience des économies de notre Union face aux chocs exogènes. Elles ont encore connu une forte croissance en 2015 (6,6%). La stabilité monétaire de notre zone a également été bénéfique à la BRVM.


 

Quelles sont les principales valeurs qui ont le plus impacté l’activité de la BRVM ?


 

Les deux principales valeurs les plus actives sur notre marché sont la Sonatel en valeur (80,5 milliards de f CFA) et Ecobank Transnational Incorporated (ETI) en volume avec 97 169 348 de titres échangés.
En termes de capitalisation, les cinq premiers titres cumulent plus de 4 500 milliards de f CFA sur les 7 500 milliards à fin 2015. Il s’agit de la Sonatel (2500 milliards), ETI (865 milliards), l’Onatel (510 milliards), la SGBCI (416 milliards) et Bolloré Africa Logistic CI (343 Milliards).
Les valeurs comme l’Onatel et certaines autres dans le secteur de la distribution et de l’industrie ont également animé notre Bourse au cours de l’année écoulée.


 

Quels sont les atouts majeurs de la BRVM et les obstacles à son expansion ?


 

L’intégration de notre Union et sa forte croissance économique sont pour nous les principaux atouts de la BRVM. Elle est le modèle unique d’intégration parfaite de marchés de capitaux. Son exemple inspire d’ailleurs plusieurs régions du monde.
L’Uemoa avec les performances de la Côte d’Ivoire est l’une des régions qui croît le plus fortement au monde au cours de ces dernières années.
Je ne parlerai pas d’obstacles mais plutôt de défis majeurs que la BRVM doit relever pour son développement. Il s’agit notamment de l’augmentation de sa liquidité et de sa capacité à absorber des transactions de taille importante. Il faut également accroître le nombre de sociétés cotées et donner un accès aux PME. Nous travaillons activement à relever ces défis.


 

Le marché financier évolue vite. Quelles sont les dispositions prises par la BRVM pour suivre le rythme surtout dans le cadre de l’adaptation de la réglementation ?


 

La BRVM a depuis sa création décidé d’adopter les standards internationaux en termes de technologies et de règles de marché. Nous suivons de très près l’évolution de ces standards et nous cherchons à nous y conformer en permanence. Nous n’avons pas le choix vu que des investisseurs internationaux, astreints à certaines règles, interviennent sur notre marché.


 

En parlant de cadre règlementaire, quelles sont les dispositions en cours ou prévues pour améliorer les textes de la BRVM afin d’attirer davantage d’investisseurs ?


 

A la fin de l’année 2015, nous avons pris deux décisions pour le respect des exigences de flottant et la libération d’un nombre minimum de titres dans le public par les sociétés cotées. Cela permettra d’améliorer la liquidité tant recherchée par les investisseurs internationaux. Par ailleurs, nous avons pris des mesures pour une meilleure diffusion des informations sur les sociétés cotées et l’amélioration de leur relation avec les investisseurs.


 

Comment la BRVM se positionne-t-elle par rapport aux autres places boursières ?


 

La BRVM est la 6ème Bourse africaine en termes de capitalisation. Nous avons terminé l’année 2015 avec la meilleure performance africaine des indices, toutes monnaies confondues (f CFA, euro, dollar). La BRVM est l’une des bourses les plus attractives du continent (5ème place selon Havas) et nous cherchons à innover en permanence.


 

En tant que directeur de la BRVM, quels sont aujourd’hui vos projets prioritaires?


 

L’attraction de nouvelles sociétés à la cote de la BRVM, le lancement de nouveaux produits (Diaspora bonds, Project Bonds, ETF, Sukuks), la création de nouveaux compartiments (PME, ressources minières) et enfin l’intégration avec d’autres bourses (Cedeao et Maroc).

Propos recueillis par Maimouna DIA
lesafriques.com

Bio-express

Edoh Kossi Amenounve est le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et du Dépositaire Central / Banque de Règlement (DC/BR) depuis le 1er octobre 2012. Il a été pendant neuf ans secrétaire général du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), organe de régulation du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Amenounve est titulaire d’un PhD en Sciences de l’Administration, option Finance, obtenu à l’Université Laval au Canada (1995). Il cumule une expérience de vingt ans sur le marché financier régional de l’Uemoa.

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