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Burundi: le secteur des assurances en quête de croissance

Burundi: le secteur des assurances en quête de croissance

Le secteur des assurances au Burundi veut doubler son chiffre d’affaires d’ici 5 ans. Des états généraux de l’assurance se sont tenus les 15 et 16 novembre 2018 à Ngozi, dans le nord du pays, pour analyser les pistes qui peuvent permettre la réalisation de cet objectif. Une première édition organisée à l’initiative de l’ASSUR, l’Association des assureurs du Burundi.

40,6 milliards de francs burundais, soit 20 millions d’euros, c’est le chiffre d’affaires du secteur des assurances en 2017. L’ARCA, l’Agence de régulation et de contrôle des assurances vise le double de ce chiffre en 2022, soit 80 milliards de francs burundais. Un objectif atteignable, selon Alain Fernand Nkengurutse, chef de service de la cellule des statistiques et des études économiques de l’ARCA. « Le nouveau code des assurances promulgué en 2014 a introduit 5 assurances obligatoires, sur lesquelles l’ARCA compte s’appuyer pour l’augmentation du chiffre d’affaires. »

Des assurances obligatoires donc ; l’assurance incendie ne l’est pas. Mais sans celle-ci, les banques n’accordent plus de crédit immobilier. « Avec les gens qui demandent des crédits en hypothéquant leurs immeubles, les banques exigent que la maison qui a été donnée en caution soit assurée. Donc, le secteur bancaire permet aussi la promotion du secteur des assurances. Et puis, la naissance de nouvelles sociétés a permis d’accroître la demande d’assurances par la population. »

Une absence de la culture des assurances

Il y a aujourd’hui 13 compagnies d’assurance au Burundi. Le secteur représente 0,75% du Produit intérieur brut. C’est l’un des taux de pénétration les plus faibles pour les assurances dans le monde. Directeur général de SOCAR VIE, une société d’assurance, Augustin Sindayigaya a présidé la commission de préparation des premiers États généraux de l’assurance. Il évoque l’exemple des sociétés qui gèrent en interne les budgets santé pour leurs employés. « Cela veut dire qu’ils font soigner leurs employés directement dans les hôpitaux, dans les centres de santé ; un budget finalement qui n’est pas maîtrisé, parce que vous pouvez voter un budget pour l’assurance-maladie du personnel, disons de 100 millions de francs burundais et vous vous retrouvez à la fin de l’année avec 200 millions de dépenses. Alors, nous disons que la meilleure façon de gérer ces budgets santé est d’aller vers les compagnies d’assurances, parce que là au moins vous payez votre prime d’assurance annuelle et c’est fini ! ».

Les assurances n’ont pas bonne presse au Burundi. Certaines personnes accusent même, sans preuve, les assureurs de voleurs. Selon Alain-Fernand Nkengurutse, c’est le résultat « de l’incompréhension et de l’absence de communication ». Il explique que lorsqu’on parle d’assurances, « les Burundais entendent assurance obligatoire de l’automobile. Celui qui n’a pas eu d’accident ne comprend pas l’intérêt de cette assurance et celui qui a eu un accident, il ne comprend pas pourquoi on traîne à l’indemniser. Mais c’est vrai, dans la plupart des cas, ce sont des procédures légales qui font traîner les dossiers. Mais sur ce point, le code des assurances a apporté des améliorations, en fixant des délais ».

Le Burundi manque de diplômés en assurances. Le pays compte combler ce déficit dans un proche avenir avec le programme de formation en assurances que la Communauté est-africaine est en train de mettre en place.

Stanislas Ndayishimiye
rfi
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