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Ça se passe en Europe : les banques prêtes à quitter Londres

Ça se passe en Europe : les banques prêtes à quitter Londres

Selon l’Association des banques britanniques, de petits établissements étrangers prépareraient la délocalisation d’une partie de leurs activités avant la fin de l’année et les banques plus importantes début 2017.

Certaines banques étrangères implantées au Royaume-Uni seraient en train de préparer le déménagement de certaines de leurs opérations avant la fin de l’année, assure l’Association des banques britanniques (British Bankers’ Association). Elles agiraient de la sorte afin d’éviter une rupture brutale lorsque le Brexit deviendra une réalité. Cette échéance n’interviendra pas avant 2019, le temps que Londres négocie sa sortie de l’Union européenne avec les 27 autres Etats-membres.

Mais les établissements se prépareraient dès maintenant, face à l’incertitude qui règne sur les règles qui prévaudront une fois que la Grande-Bretagne aura quitté l’UE. Elles doivent « prévoir le pire », a affirmé Anthony Browne, le patron de la BBA, dans le « Guardian » ce week-end. « Beaucoup de petites banques prévoient de démarrer les délocalisations avant Noël, les banques plus importantes devraient commencer au premier trimestre de l’année prochaine », a-t-il expliqué.

20 milliards de livres en danger

Quelque 20 milliards de livres d’échanges commerciaux annuels de services financiers sont en danger si le Royaume-Uni n’avait plus accès au marché unique européen, poursuit Anthony Browne. Les établissements basés en Grande-Bretagne redoutent de perdre le « passeport » qui leur permet de commercialiser leurs services dans l’ensemble des pays de l’Union, sans avoir besoin de filiale régulée ni d’autorisation supplémentaire sur le continent. Cela pourrait être le cas si Londres optait pour un Brexit « dur », impliquant la fin des contributions au budget de l’UE et surtout la fin de la liberté de circulation des travailleurs.

L’une des solutions pour le secteur financier serait de bénéficier d’un régime d’équivalence, qui permet aux établissements qui ne sont pas dans l’UE, mais qui sont régies par une réglementation similaire, de conserver leur accès au marché. Mais Anthony Browne rejette cette option, soulignant qu’elle ne couvrirait probablement pas l’ensemble des services financiers. Surtout, la Grande-Bretagne serait contrainte d’accepter des règles fixées par les Vingt-Sept, sans avoir son mot à dire. L’Union européenne pourrait à tout moment, et unilatéralement, retirer cette équivalence, relève-t-il aussi. Le régime de l’équivalence « n’empêcherait pas » les banques de délocaliser selon lui.

 

 

VINCENT COLLEN
lesechos

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