Accueil / Bourse / CAC 40 : la grande transformation des conseils d’administration

CAC 40 : la grande transformation des conseils d’administration

CAC 40 : la grande transformation des conseils d’administration

Les conseils ne sont plus des clubs très fermés d’hommes de 60 ans. Ils sont moins français, plus féminisés et plus jeunes.

Le temps de l’old boys club pour les conseils d’administration, c’est bien fini. Les administrateurs ne sont plus seulement des hommes français cumulant plusieurs mandats, âgés de 60 ans voire plus, et sortis des mêmes grandes écoles. Ce sont aussi des femmes, plus jeunes, de 56 ans en moyenne, ou des étrangers.

Depuis plusieurs années, la gouvernance des grandes entreprises françaises a beaucoup évolué, notamment sous l’effet de la loi Copé-Zimmermann. Cette loi du 27 janvier 2011 a contraint les sociétés françaises à compter au moins 40% de femmes dans les conseils.

La féminisation a été menée dans les délais imposés. Selon une étude The France Board Index, menée par le cabinet de chasseur de têtes Spencer Stuart, qui porte sur les sociétés du CAC 40, 42% des administrateurs sont des femmes. Engie, Legrand, Michelin, Publicis, Sodexo et Vivendi se distinguent avec plus de 50 % de femmes dans leurs conseils. Kering en a 60 % et ne pourra plus en recruter, la loi imposant aussi un niveau d’hommes minimum de 40 %.

Autre changement important, les conseils français comptent désormais 37% d’étrangers, contre 31% en 2014. L’Europe continentale reste la région la plus représentée avec au premier rang l’Allemagne et la Belgique qui constituent respectivement 11% et 7% des sièges occupés par des non-Français. Les administrateurs provenant des pays anglo-saxons comptent aussi pour une très large part avec 37% des mandats détenus par des non-Français. Les séances des conseils sont tenues dans la majorité en français. Sauf chez Airbus, ArcelorMittal, Axa, LafargeHolcim, Nokia, Solvay, TechnipFMC, Schneider Electric et Unibail Rodamco.

Au fil des années, les administrateurs ont rajeuni, relève l’étude de Spencer Stuart. En 2017, ils ont, en moyenne, 58,8 ans contre 63,1 ans, en 2013. Les femmes s’avèrent moins âgées que les hommes (55,9 ans contre 60,6). Les administrateurs concentrent aussi moins de mandats que par le passé. 1,6% seulement des administrateurs siègent à plus de trois conseils, contre 12% en 1999. La durée moyenne des mandats est de 3,5 ans. Plus aucun mandat n’excède aujourd’hui les 4 ans. LafargeHolcim, une société qui n’est plus de droit français mais fait partie du CAC 40, a adopté (comme Nokia) la pratique anglaise du mandat renouvelable tous les ans. Quant à TechnipFMC, ses statuts prévoient un mandat de deux ans pour ses administrateurs.

Tous les conseils du CAC 40, et plus seulement ceux des grandes entreprises privatisées, comptent aussi des représentants des salariés. Sur 557 sièges d’administrateurs au sein du CAC 40, 46 sont occupés par des représentants des salariés, soit 8%. Une conséquence de la loi relative à la sécurisation de l’emploi de juin 2013, et de la loi dite «Rebsamen » d’août 2015.

Les sociétés dissocient de plus en plus les fonctions de président et de DG

Depuis cinq ans, la proportion des sociétés ayant une gouvernance dissociée a continué à progresser. En 2017, 47,5% des groupes du CAC 40 dissocient les fonctions de président et de directeur général en 2017, contre 32,5% en 2013. Pour les 21 entreprises qui ont une gouvernance unifiée avec un PDG, 15 ont nommé un administrateur référent pour faire une sorte de contre-poids au PDG.

Laurence Boisseau
lesechos

Aller en haut