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Cacao : pourquoi les prix mondiaux ont plongé de plus de 25 % cette année

Cacao : pourquoi les prix mondiaux ont plongé de plus de 25 % cette année

L’ingrédient phare du chocolat signe la pire performance de toutes les matières premières cotées.

Pour les amateurs, ce devrait être une bonne nouvelle. Le prix du chocolat pourrait baisser. Le spectre d’une pénurie de cacao, qui revient régulièrement depuis deux ans, est encore loin de se concrétiser. La production mondiale de fèves devrait dépasser la demande cette saison (démarrée le 1er octobre). « La perspective de récolte dans les principales régions productrices, en particulier en Afrique de l’Ouest, est si bonne que le surplus attendu ne cesse d’être revu à la hausse », a récemment constaté Commerzbank.

L’un des plus grands acheteurs de fèves, Cargill, prévoit un excédent supérieur à 200.000 tonnes. Et, chez nombre d’analystes, les prédictions sont comparables. Citigroup table sur un surplus de 220.000 tonnes l’an prochain, engendré par un bond de 9 % de la production grâce aux cultures ivoirienne, ghanéenne, nigériane et latino-américaine. La banque évoque l’ « environnement le plus accommodant [pour le marché du cacao] depuis 2010-2011 ».

Face à cette offre, la demande mondiale de chocolat piétine. En cause ? La hausse des cours du sucre, du beurre et du lait, auquel s’ajoute la réduction de la taille des conditionnements, explique Aakash Doshi, analyste de Citigroup.

Arrivées massives de fèves

Conséquence, à New York, les cours du cacao ont plongé à leur plus bas niveau depuis plus de trois ans. A Londres, ils s’inscrivent au plus bas depuis un an et demi. Les prix sur ces marchés sont également sous pression en raison des arrivées massives de fèves depuis les ports de Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial. En Indonésie, le rythme des exportations s’est accéléré ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, les cours du cacao sont en baisse de 27 % à New York : la pire performance sur l’ensemble des marchés des matières premières.

La désaffection des investisseurs n’a fait qu’accentuer le phénomène. A Londres, « hedge funds » et gérants n’avaient pas été aussi nombreux depuis cinq ans à parier sur un recul des cours. Les analystes de Rabobank, eux, ont décidé que le moment était opportun pour miser sur le cacao en 2017, ils en ont même fait leur pari le plus haussier au sein des produits agricoles.

Muryel Jacque, Les Echos

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