Accueil / Développement / Cameroun: le gouvernement s’atttaque à la gestion de 17 sociétés parapubliques …

Cameroun: le gouvernement s’atttaque à la gestion de 17 sociétés parapubliques …

Cameroun: le gouvernement s’atttaque à la gestion de 17 sociétés parapubliques …

Cameroun: le gouvernement s’atttaque à la gestion de 17 sociétés parapubliques surendettées

La dette globale des sociétés parapubliques préoccupent le gouvernement camerounais qui a décidé de prendre des mesures correctives lors du dernier conseil de cabinet du 25 février 2016. Une mesure phare proposée dans ce contexte, a été de pousser ces entreprises à recourir de « moins en moins aux subventions provenant du budget de l’Etat et élargir leurs outils de financement en s’orientant vers les formules nouvelles, comme les prêts non souverains des partenaires au développement ou des banques privées ».

Un récent rapport du Fonds Monétaire International est revenu sur la situation des 17 sociétés publiques et à capitaux mixtes les plus importantes du Cameroun. Il en ressort que la dette globale de ces entreprises était, en 2013, de 1840,3 milliards de FCFA, auxquels il faut ajouter les 329,4 milliards de FCFA dus au titre des arriérés. Un niveau d’endettement qui représentait déjà à cette époque, 12,5% du Produit Intérieur Brut national.

Toujours en 2013, ces entreprises analysées ont reçu 101 milliards de FCFA de subventions et réalisé des performances financières plutôt faibles, notamment un chiffre d’affaire global estimé à 1261 milliards de FCFA et un résultat net global déficitaire de 28,1 milliards de FCFA. Avec de tels indicateurs, le ratio global dette sur actifs a représenté pour certaines d’entre elle un coefficient de 80%, un indicateur qui, à lui seul, suffit à mettre une entreprise privée en redressement judiciaire

Dans les lignes des prescriptions, le Premier ministre (photo) a recommandé, entre autre, de rendre d’actualité la loi n°99/016 du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic. Un texte ambitieux dans lequel il est prescrit à ces entreprises de publier leurs comptes et surtout d’adopter des règles de management propres au droit régissant le fonctionnement des Société Anonymes, en l’occurrence, celui de l’OHADA. Pour l’heure, seule la Société Nationale des Hydrocarbures rend ses comptes sociaux disponibles sur son site internet.

Dans les coulisses, on apprend que le gouvernement du Cameroun serait en train de préparer un nouveau plan de privatisations. Plusieurs indices semblent soutenir cette hypothèse. A la fin du troisième trimestre 2015, le gouvernement a mené une campagne de sensibilisation du grand public sur l’investissement boursier. Par ailleurs, le Premier ministre avait déjà indiqué, alors qu’il défendait le budget de la nation fin novembre 2015, que gouvernement espérait engranger 100 milliards de FCFA de recettes du processus de privatisation, même si par la suite une source non officielle a expliqué dans le journal quotidien à capitaux publics, qu’il était fait allusion ici à la somme à mobiliser dans l’octroi des licences à MTN et Orange Cameroun.

Enfin un haut fonctionnaire camerounais a d’ailleurs confié à l’agence Ecofin, qu’il n’était pas exclu que la Douala Stock Exchange apporte des surprises en 2016, avec l’annonce de nouvelles introductions. Une information qui trouve un écho favorable dans la décision du gouvernement de prolonger de trois ans, les mesures législatives accordant des avantages fiscaux aux entreprises qui s’introduisent en bourse. Une mesure qui pourrait s’avérer très utile, si le gouvernement décide réellement de ne plus subventionner directement ces entreprises. Le pas sera pourtant difficile à franchir, car cela supposera un changement dans les modes de gouvernance et une plus grande transparence dans la gestion de ces entreprises.

Idriss Linge
agenceecofin.com

Aller en haut