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Cameroun : les dépenses publiques en hausse de 22% en 2014 à cause des conséquences de Boko Haram

Cameroun : les dépenses publiques en hausse de 22% en 2014 à cause des conséquences de Boko Haram

Conséquence de la pression causée par l’insécurité due aux attaques de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord et des mesures de prévention contre la maladie d’Ebola,les dépenses publiques du Cameroun ont enregistré une hausse de 21,9% en 2013 à 22,7% en 2014, rapporte une étude de la Banque mondiale.

En dépit de la morosité persistante de l’économie mondiale accentuée par la baisse des cours du pétrole, les 5,3% de taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) camerounais en 2014 sont le signe d’un résultat “appréciable même s’il y a certains pays qui croissent plus vite que le Cameroun”, selon Souleymane Coulibaly, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale.

D’après les chiffres annoncés par le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, le pays a clôturé l’année par une collecte de recettes douanières de 700,8 milliards de francs CFA (1,4 milliard de dollars),largement au-dessus des 636 milliards de francs (1,2 milliard de dollars) d’objectif fixé en début d’exercice.

C’est pareil pour les recettes fiscales chiffrées à 1.345,8 milliards de francs CFA (2,3 milliards de dollars) contre 1.240 milliards (2,4 milliards de dollars) projetés.

Ces performances, explique le ministre, ont atténué les répercussions de la baisse des recettes vécues dans le secteur pétrolier sur le budget de l’Etat qui, du fait des effets combinés de l’insécurité dans l’Extrême-Nord et des investissements menés dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola, s’est plutôt caractérisé par un déficit accentué de 5,1% contre 4,2% en 2013, de l’avis de la Banque mondiale.

Pays à l’économie quelque peu diversifiée, le Cameroun peut compter sur son secteur pétrolier pour poursuivre la consolidation de ses indicateurs dans les années, estime Souleymane Coulibaly. Avec une augmentation de 12,9% de la production en 2014, ce secteur, projette l’économiste, “va jouer un rôle important dans l’ accroissement de la croissance à moyen terme”, grâce à la découverte de nouveaux puits et la poursuite de l’exploration.

“La croissance devrait se situer autour de 5% en moyenne au cours des cinq prochaines années”, assure en conséquence Gregor Binkert,directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’ Afrique centrale pour qui le port de Douala constitue cependant un goulot d’étranglement dans l’atteinte des objectifs du gouvernement pour l’accélération de cette croissance.

Sous le titre “réexaminer les sources de la croissance. Améliorer l’efficacité du port de Douala”, la 8e édition de la revue Cahiers économiques éditée par cette institution internationale et présentée mardi à Yaoundé a consacré une étude sur cette infrastructure de la métropole économique qui représente environ 95% des exportations et des importations du Cameroun.

D’après cette étude, ce port fluvial en surplus de 600.000 tonnes sur ses 10 millions de tonnes de capacité réelle et d’une profondeur de 7 mètres on draguée normalement ne facilite pas la fluidité du commerce à cause d’une série d’écueils dont le moindre n’est pas les longs délais de passage des marchandises.

“Le délai de passage au port de Douala est 5 fois plus élevé que celui de Durban ; 2 fois plus que celui du port de Mombasa, 1, 5 fois plus que celui de Dar es Salam, et dépasse de 22% celui de Lomé”,rapporte-t-elle, établissant en outre un délai d’ enregistrement de la déclaration en douane de 58% environ pour l’ ensemble des cargaisons,57% pour les conteneurs et 64% pour les marchandises non conteneurisées.

Pour son cadre règlementaire, l’infrastructure, qui souffre d’ une insuffisance de quais et d’équipements de manutention, est régie par une loi de 1985 qui, estime l’enquête, encourage les importateurs à l’utiliser comme un entrepôt. Car, à 600 francs CFA (1,2 dollar) le tarif pratiqué pour un jour passé par un conteneur équivalent 20 pieds, les 11 jours de délai non assujetti sont vite dépassés.

L’étude déplore aussi la présence d’une “proportion élevée de courtiers informels et non professionnels (plus de 200, environ 50% de courtiers) opérant dans et autour du port dont 50 à 80% qui n’ ont pas de licence et qui ignorent les procédures de dédouanement et la liste complète des documents nécessaires”.

Pour l’amélioration du port, la Banque mondiale recommande un audit du monopole de la concession du terminal à conteneurs et des performances de l’entreprise en charge du parc à bois, la révision du cadre juridique, une plus sensibilisation des opérateurs aux procédures commerciales, la mise en place d’un système d’alerte sur la traçabilité des navires et des marchandises à destination du port.

Très important pour l’accroissement des échanges du Cameroun avec le reste du monde, le nouveau port en eau profonde construit à Kribi(Sud) aurait dû entrer en service comme initialement prévu en juin 2014, mais des retards subsistent dans le raccordement des infrastructures, en particulier les routes d’accès, les lignes électriques et le câble de fibre optique ainsi que la mise en place des services douaniers.

Selon la Banque mondiale, l’opérationnalisation de ce projet réalisé avec l’appui de la coopération chinoise est pourtant primordiale pour l’accélération de la croissance économique du Cameroun.

Xinhua : Raphaël MVOGO
camer.be

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