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Cameroun : plainte contre une filiale du groupe Bolloré après la catastrophe ferroviaire d’Eseka

Cameroun : plainte contre une filiale du groupe Bolloré après la catastrophe ferroviaire d’Eseka

Une plainte contre X a été déposée en France auprès du parquet de Nanterre après la catastrophe ferroviaire meurtrière survenue le 21 octobre à Eseka au Cameroun. Selon les deux organisations plaignantes, qui se sont exprimées jeudi, cette plainte met notamment en cause Camrail, filiale camerounaise du groupe Bolloré.

La plainte vise des faits « d’homicides involontaires, de blessures involontaires suivies d’incapacité de travail, de blessures involontaires sans incapacité de travail, de non-assistance à personnes en danger et de mise en danger de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité et de prudence », selon un communiqué conjoint du Syndicat professionnel des conducteurs de train du Cameroun et du Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P), une organisation d’opposition basée en France.

Le Groupe de solidarité aux victimes du 21 octobre à Eseka, chapeauté par le CL2P, est également plaignant, selon la plainte dont l’AFP a eu copie.

L’État mis en cause

Les plaignants mettent en cause « la gouvernance du secteur du transport ferroviaire par l’État du Cameroun » et veulent connaître « les conditions » dans lesquelles la Régie nationale des chemins de fer camerounais a été « privatisée », la concession « renouvelée », et « certaines obligations [mises] à la charge du concessionnaire (Camrail) manifestement méconnues ».

Ils dénoncent notamment « l’exécution de ses missions de service public par le concessionnaire avec des voitures mettant continuellement en danger la sécurité du personnel et des utilisateurs du train camerounais ».

Des sanctions demandées

Camrail est contrôlé à hauteur de 77,4% par le groupe Bolloré, dont le siège est à Puteaux, près de Paris. Porter plainte à Nanterre, « c’était le moyen d’agir au plus près de celui qui contrôle le capital », explique à l’AFP Me Stéphane B. Engueleguele, avocat des plaignants.

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