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Cameroun : un budget 2018 axé sur la hausse des recettes fiscales non pétrolières

Cameroun : un budget 2018 axé sur la hausse des recettes fiscales non pétrolières

Le budget 2018 de l’Etat camerounais, chiffré à 4.513,5 milliards de francs CFA (8,2 milliards de dollars) se concentrera sur l’accroissement des recettes fiscales non pétrolières, alors que l’économie du pays pâtit lourdement de la baisse des prix du pétrole et du cacao, ses principaux produits d’exportation, et de multiples crises sécuritaires.

L’exécution de ce budget a été lancée mercredi dans l’ensemble du pays, avec comme principale recommandation faite aux responsables de veiller à l’optimisation de la collecte des ressources et à une planification rigoureuse des dépenses d’investissements qui en découlent.

C’est le principal défi que le gouvernement s’est engagé à relever afin de résorber les déficits budgétaires qu’il enregistre en ce moment, notamment depuis la chute brutale des cours du pétrole survenue en 2014 conjuguée avec celle du cacao, le principal produit d’exportation hors pétrole du pays, observée depuis l’année dernière.

A cette conjoncture économique défavorable, s’ajoute une multitude de crises sécuritaires, dont la plus inquiétante réside dans les attaques menées depuis 2014 contre les populations de la région de l’Extrême-Nord par les combattants de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Christian Abolo Mbita, chargé de mission au ministère de l’Economie, a aussi rappelé que les autorités ont décidé de s’attaquer à la corruption et aux flux financiers illicites en ordonnant d’anticiper la planification de la dépense.

Ces mesures font partie d’un train de réformes économiques et structurelles que le Cameroun est appelé à réaliser dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel conclu en juin 2017 avec le Fonds monétaire international (FMI). Il doit permettre d’enrayer les effets de la crise économique qui le frappe avec d’autres membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Sous le nom de facilité élargie de crédit (FEC), ce programme d’une durée de trois ans (2017-2019) doit permettre au Cameroun de recevoir des appuis budgétaires d’un montant total de près de 1.300 milliards de FCFA (2,3 milliards de dollars), à la fois de la part du FMI et d’autres partenaires internationaux tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne ou encore l’Agence française de développement (AFD).

Parmi ses priorités, ce budget sera consacré à la poursuite de la réalisation d’un vaste programme de projets d’infrastructures entrepris ces dernières années afin d’accélérer la croissance économique, dont l’extension du port en eau profonde de Kribi (sud), le plus emblématique de ces projets, construit avec l’aide de la Chine.

Au menu également, la finalisation de nombreux chantiers liés à l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, que le pays se prépare à abriter en 2019.

Pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de ces projets, les pouvoirs publics misent sur l’élargissement de l’assiette fiscale. Compte tenu de la baisse continue des prix du pétrole et du cacao, l’origine de ces ressources prévoit donc d’être essentiellement non pétrolière.

Comme financements additionnels, le pays envisage aussi de recourir à des emprunts concessionnels, d’un montant de 150 milliards de FCFA (273 millions de dollars), et non concessionnels, à hauteur de 436 milliards de FCFA (794 millions de dollars).

A ce titre, les autorités se sont fixé l’objectif d’un taux de croissance de 4,2% pour cette année, contre 3,7% en 2017.

YAOUNDE, 11 janvier (Xinhua)

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