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Cameroun : un rapport d’expertise conclut à une « responsabilité totale et entière » de Camrail dans la catastrophe ferroviaire d’Eseka

Cameroun : un rapport d’expertise conclut à une « responsabilité totale et entière » de Camrail dans la catastrophe ferroviaire d’Eseka
Des victimes après la catastrophe ferroviaire d'Eseka, le 21 octobre 2016. © AP/SIPA

Qui est responsable du déraillement du train intercités reliant Yaoundé à Douala le 21 octobre 2016 ? S’il est encore trop tôt pour répondre, Jeune Afrique a pu consulter un des quatre rapports d’experts commandés par la justice camerounaise et remis aux enquêteurs. Bien qu’il ne s’agisse que de l’un des éléments du dossier, il n’en reste pas moins édifiant.

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Alors que les enquêtes sont encore en cours et que plusieurs plaintes ont été déposées, notamment en France et en Italie, impossible pour le moment de tirer des conclusions définitives quant aux responsabilités dans la catastrophe ferroviaire d’Eseka. Mais Jeune Afrique a mis la main sur un document qui pourrait faire la différence.

Il s’agit d’un des quatre rapports d’expert commandés par le Procureur général près la Cour d’appel du Centre, chargé de l’enquête menée conjointement par la police et la gendarmerie camerounaises pour le compte du tribunal d’Eseka.

Dans ce document d’une vingtaine de pages, étayé par les données provenant de la boîte noire du convoi ayant déraillé le 21 octobre 2016 à Eseka, un expert ferroviaire a analysé les débris des voitures, les témoignages des acteurs et le déroulement des faits. Et ses conclusions sont édifiantes, en particulier à l’encontre de la société ferroviaire Camrail, qui connaissait selon lui l’existence de graves dysfonctionnements dans 13 des 17 voitures formant le convoi (dont les huit ajoutées pour pallier l’afflux de voyageurs sur le trajet du 21 octobre 2016).

Absence de freinage et vitesse excessive

« Selon les informations recueillies, le défaut de freinage de ces voitures (dont 12 de série 1300 CSR et de fabrication chinoise, NDLR) serait connu de tous les opérateurs à Camrail », écrit ainsi le spécialiste, dont la société a réclamé la récusation au motif qu’il était un de ses anciens employés. Il ajoute même que plusieurs incidents se sont déjà produits par le passé à cause de ces mêmes anomalies, en mai et en juillet 2014 notamment, lorsque plusieurs conducteurs avaient perdu le contrôle de leur convoi.

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