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CANNE À SUCRE : LE SIT ÉTUDIE LES PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT EN AFRIQUE

CANNE À SUCRE : LE SIT ÉTUDIE LES PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT EN AFRIQUE

Des démarches ont été entamées pour que le Sugar Investment Trust (SIT), qui regroupe plus de 55 000 actionnaires dont la majorité sont des petits planteurs et d’anciens travailleurs du secteur sucre, fasse des investissements en Afrique. Plusieurs milliers d’arpents de terrain font ainsi l’objet d’études.

Le Sugar Investment Trust (SIT) part à la conquête du sucre africain. Des missions de prospection ont eu lieu dans plusieurs pays africains ces dernières semaines avec pour objectif d’identifier des terrains qui pourraient être transformés en plantations de cannes à sucre.

« À Maurice, avec la baisse du prix du sucre, cela devient de plus en plus difficile, mais l’Afrique offre beaucoup d’opportunités. Nous avons le savoir-faire et l’expertise et nous pourrions utiliser cela pour exploiter les possibilités qui existent sur le continent », confie un responsable du SIT.

Il y a le Mozambique où existe une vaste étendue de 20 000 hectares plus précisément à Marracuene, concédée à Maurice en 1999, mais qui demeure inexploitée. Elle pourrait devenir le premier projet du SIT hors de Maurice. Marracuene est proche de Maputo, la capitale mozambicaine. L’endroit était accessible uniquement par bateau jusqu’à la construction, il y a quelques mois, d’un pont qui rend le terrain accessible et exploitable.

Cela est d’autant plus intéressant que l’usine sucrière de Maragra, en pleine expansion, se situe à deux heures de camion de Marracuene. Cette usine appartient à Illovo Sugar, principal producteur de sucre en Afrique. Au niveau du SIT, on est en attente du rapport sur le sol pour décider de la marche à suivre.

Dettes

Le jeu en vaut d’autant plus la chandelle que beaucoup de pays africains accuse un déficit en sucre. « Le Mozambique, par exemple, ne produit pas suffisamment de sucre pour satisfaire son marché domestique », avance Jean Pierre Jhumun, haut-commissaire de Maurice au Mozambique.

Alors que le SIT était propriétaire de 7 000 arpents de terre, il y a quelques années, il ne dispose de pas plus de 2 000 arpents à l’heure actuelle. Pour pouvoir continuer à enregistrer des progrès financiers et à éponger d’importantes dettes, la compagnie a vendu ses avoirs. Le SIT faisait face à un important problème de liquidités et a remboursé ses dettes de Rs 2 milliards à travers l’émission de ‘bonds’. La SBM, la MCB, la MauBank et la NPF, entre autres, ont permis au SIT de lever Rs 1,5 milliard. Dans moins de sept ans, il faudra toutefois rembourser les investisseurs. D’où l’importance d’investir désormais dans des projets pérennes et productifs dans le moyen et le long terme.

Pour l’année financière 2016, le SIT a enregistré des pertes de Rs 22 millions. Mais, ses subsidiaires, SIT Land Holdings Ltd et SIT Property Development Ltd, ont assuré au groupe des profits de Rs 85 millions. Le foncier est au cœur de cette performance, représentant 82 % des revenus. De 2015 à 2016, le chiffre d’affaires du SIT est passé de Rs 213 millions à Rs 1 milliard. Une croissance de 500 % due essentiellement à la vente du patrimoine foncier, dont le morcellement Aurea, à Côte-d’Or.

Pour continuer à vivre, le SIT s’est mis à diversifier ses investissements, mais il ne souhaite pas se désengager complètement de son métier de base, qui est la culture de la canne à sucre.

En Afrique, plusieurs pays comme le Mozambique, la Zambie, la Tanzanie, le Malawi, pour ne citer que ceux-là, proposent des concessions à d’autres États ou compagnies pour des besoins agraires. Les négociations ont déjà commencé avec un de ces pays, autres que le Mozambique, pour une concession de 15 000 hectares.

Le SIT ne compte toutefois pas se lancer en solo dans l’exploration du marché africain. Ils aurons des partenaires, assure-t-on.

PATRICK HILBERT
defimedia.info

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