vendredi 07 août 2020
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Capital Investissement. Karim Hajji : « Très peu d’IPO viennent du Private Equity »

Capital Investissement. Karim Hajji : « Très peu d’IPO viennent du Private Equity »
Intervenant lors de la conférence annuelle du capital investissement, organisée par l’Association marocaine AMIC, Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca a souligné que les sorties de fonds d’investissement se font de moins en moins à travers la bourse à cause, entre autres, du problème de liquidité dont souffrent la majorité des bourses africaines.

Pour la 9ème édition de la Conférence Annuelle du Capital Investissement (CACI) de l’Association Marocaine du Capital Investissement (AMIC), qui s’est tenue ce mercredi 05 février 2020 à Casablanca, et qui coïncide avec les 20 ans de l’AMIC, plusieurs intervenants experts du marché ont pu aborder une variété de thèmes dont le capital investissement en Afrique, la transmission et l’accompagnement de start-up à succès.

Intervenant lors de du panel traitant le capital investissement en Afrique, Michelle Essome, directrice générale de l’African Private Equity & Venture Capital Association, a souligné qu’en Afrique, les sorties de fonds ne se font pas assez souvent en passant par la bourse. « On aurait aimé avoir des sorties qui se réalisent davantage à travers des IPO [Initial public offering, ndlr]. On a un vrai problème d’orientation vers la bourse », a-t-elle déclaré.

Cette remarque a lancé le débat autour des contraintes liées à la sortie des fonds d’investissement à travers une introduction en bourse.
Est-ce qu’il y a un avantage supplémentaire pour passer en Trade sale (ou cession industrielle) plutôt qu’en IPO ? Telle est la question qui a été posée.

Face à cette question, Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca a déclaré : « durant ces dix dernières années, on a observé qu’il y a très peu d’IPO qui viennent du Private Equity. Les raisons sont multiples. Ce n’est pas forcément une question de valorisation de la bourse. La Bourse de Casablanca est la mieux valorisée en Afrique. Elle est valorisée à pratiquement 20 fois le résultat de 2019. Elle est plutôt attractive ».

« Il y a un problème de liquidité qui est prévalant dans toute l’Afrique, à l’exception de l’Afrique du sud ».

Le deuxième facteur qui explique le manque d’orientation vers la bourse pour effectuer une sortie est « la réglementation », comme l’a souligné Karim Hajji en expliquant que « la baisse des IPO n’est pas un phénomène spécifique à l’Afrique, c’est un cas mondial. Le seul continent qui a vu un développement des IPO qui résultent en grande partie des Private equity, c’est l’Asie ».

« La bourse de New York a vu une baisse de la moitié des IPO en l’espace de 15 ans. Les sorties de bourse sont beaucoup plus importantes que les IPO. Cela est principalement lié à l’évolution de la réglementation après la crise de 2008. En même temps, on a vu un développement d’une manière spectaculaire des montants levés en Private Equity. Ils ont atteint pratiquement le tiers de la capitalisation boursière mondiale », ajoute-t-il.

Et d‘expliquer : « c’est plus facile de réaliser un grand deal en Private equity que d’acquérir une grosse position à la bourse. En Private Equity, il y a moins de contraintes ».

« Cela explique le fait que la bourse perd petit à petit son attrait vis-à-vis des investisseurs », souligne-t-il.

« A la Bourse de Casablanca, on essaie depuis une dizaine d’année d’attirer les entreprises », indique-t-il.

Toutefois, « la plupart des entreprises ne sont pas prêtes en terme de stratégie de développement, d’organisation, etc. Il y a beaucoup d’éléments qui font que les entreprises marocaines ne sont pas prêtes à s’introduire en bourse ».

Face à cela, la Bourse de Casablanca espère, à travers son programme Elite, changer la donne. « On a lancé le programme Elite pour accompagner les entreprises, notamment les PME, à aller vers le marché des capitaux et s’introduire en bourse », continue Karim Hajji.

Ainsi, « avec le programme Elite, on a actuellement 3 entreprises qui ont des investisseurs en Private equity dans leur tour de table, 5 sont en train d’étudier l’ouverture de leur capital au fonds d’investissement et 2 autres entreprises dont les fonds d’investissement actionnaires pensent sortir du capital en réalisant une introduction en bourse », conclut-il.

leboursier

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