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Carrefour réduit les coûts, investit le digital, s’ouvre en Chine

Carrefour réduit les coûts, investit le digital, s’ouvre en Chine

Carrefour a dévoilé mardi un vaste plan de transformation à l’horizon 2022 passant par d’importantes réductions de coûts, des investissements massifs dans le digital et un partenariat stratégique en Chine.
Pour sortir le premier distributeur européen de l’ornière, son nouveau PDG Alexandre Bompard, arrivé en juillet, va simplifier son organisation en rationalisant ses sièges en Ile-de-France, avec un plan de départs volontaires en France de 2.400 personnes.

Pour restaurer sa rentabilité et pouvoir investir dans des baisses de prix, cruciales pour réduire l’écart avec Leclerc qui l’a distancé en France, un plan massif de réductions de coûts de 2,0 milliards d’euros dès 2020 (en année pleine) va être engagé, dépassant largement les attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur un milliard d’économies.

En outre, 273 magasins Dia seront cédés, sur un total de 600.

Le PDG entend aussi faire du groupe un acteur omnicanal “de référence”, avec un investissement de 2,8 milliards d’euros dans le digital d’ici 2022 et un objectif de 5,0 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le e-commerce alimentaire en 2022, un chiffre six fois supérieur à celui d’aujourd’hui.

Un partenariat stratégique en Chine a également été annoncé, avec un projet d’investissement de Tencent et Yonghui dans Carrefour Chine, Carrefour restant le premier actionnaire de sa filiale.

Par ailleurs, un accord de coopération stratégique avec Tencent est signé pour mettre en commun l’expertise de Carrefour dans la distribution avec le savoir-faire de Tencent dans la technologie.

Une enveloppe globale d’investissements de 2,0 milliards d’euros par an est prévue et le groupe annonce maintenir sa politique de dividende, avec un taux de distribution compris entre 45% et 50% du résultat net ajusté part du groupe.

HAUSSE DU TITRE

Ces chiffres ont été salués par le marché.

“Les grandes orientations ont été accueillies d’une manière positive. Le nouveau plan stratégique va permettre à Carrefour de faire des économies”, souligne Benoît de Broissia, analyste à Paris de la société de gestion Keren Finance, qui détient des titres Carrefour.

“Le mode de consommation est en train de changer, et Carrefour s’y adapte”, ajoute-t-il.

A 9h19, le titre Carrefour gagne 5,09% à 19,405 euros, affichant ainsi la plus forte hausse de l’indice CAC 40, en progression de 0,42%.

Plombé par les difficultés des hypermarchés français qui pèsent pour 25% de ses ventes mondiales, et par la déflation sur les produits alimentaires au Brésil, le groupe a presque divisé par deux sa croissance en 2017 (en donnés comparables), à 1,6%, et a une nouvelle fois révisé à la baisse sa prévision de résultat opérationnel courant.

Ce dernier, d’abord attendu en baisse de 12% sur l’année, devrait accuser un recul de 15% pour tomber aux environs de 2,0 milliards d’euros en raison des mauvaises performances du troisième trimestre, de la déflation au Brésil, de l’évolution défavorable de la parité entre l’euro et le real brésilien et d’une hausse accrue de ses coûts.

En 2017, Carrefour a perdu sa place de leader de la distribution dans l’Hexagone, passant derrière Leclerc, avec une part de marché en recul de 0,5 point à 20,5%, contre 21% pour son grand concurrent non côté, selon les données de KantarWorldpanel.

Sa rentabilité opérationnelle pourrait toucher un niveau historiquement bas en 2017, aux alentours de 2,0%, selon les analystes de Barclays, après 3,1% en 2016 et 3,2% en 2015.

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