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Ce que le patron d’Apple aurait dit à Trump après sa victoire

Ce que le patron d’Apple aurait dit à Trump après sa victoire

Dans une interview fleuve accordée au New York Times, et que le quotidien américain a intégralement retranscrite sur son site, le vainqueur de la présidentielle américaine raconte que le patron d’Apple l’a appelé pour le féliciter. Donald Trump détaille le contenu de la conversation, qui aurait notamment porté sur une éventuelle relocalisation de la production de la firme aux États-Unis.

Le successeur d’Obama explique avoir dit à Tim Cook: “Tu sais que l’une de mes plus belles réussites serait d’obtenir qu’Apple la construction d’une grande usine aux États-Unis, ou plusieurs grandes usines aux États-Unis, pour y construire ses produits, au lieu d’aller en Chine, au Vietnam et autres endroits où vous allez”. “Je comprends” aurait répondu le successeur de Steve Jobs. Sur de son fait, Trump affirme avoir profité de l’occasion pour faire cette promesse au patron d’Apple: “Nous trouverons un moyen pour vous inciter à le faire. Nous allons accorder une réduction d’impôt très importante pour les sociétés, ce qui devrait vous plaire”.

Des critiques répétées contre Apple

Une promesse intéressante quand on sait qu’Apple dispose d’un trésor de guerre de 215 milliards de dollars hors des États-Unis, pactole que l’entreprise ne rapatrie pas pour éviter de devoir en céder 35% au fisc américain au titre de l’impôt sur les sociétés. Donald Trump avait déjà promis pendant sa campagne qu’il envisageait de baisser ce taux à 10% pour inciter les grands groupes américains à loger leur trésorerie sur le sol américain. L’incitation fiscale est par ailleurs le seul moyen existant dont dispose le président, puisqu’aucune loi américaine n’oblige les entreprises à produire “made in USA”.

En tout cas le ton de la conversation, telle que la rapporte Donald Trump, apparaît plus détendu que ce que ne laissait présager ses déclarations de campagne. Le candidat républicain avait souvent critiqué Apple ces derniers mois. Il s’offusquait notamment que l’iPhone, produit star de la Sillicon Valley, vendu à plus d’un milliard d’exemplaires depuis 2007, enrichissent surtout des usines chinoises et brésiliennes. “Nous allons forcer Apple à commencer à fabriquer ses foutus ordinateurs et ses autres trucs dans notre pays, au lieu de le faire à l’étranger”, avait-il promis.

Donald Trump avait également tancé Apple lorsque le groupe refusait au FBI l’accès aux données de l’iPhone. Le candidat d’alors avait appelé au boycott des produits de la marque à la pomme. “J’utilise un iPhone et un Samsung. Si Apple ne donne pas les informations aux autorités, je n’utiliserais plus que mon Samsung”, avait-il averti dans un tweet en février dernier.

Tim Cook, de son côté, a ouvertement soutenu la candidate démocrate Hilary Clinton, et a même organisé une levée de fonds pendant sa campagne. Mais aujourd’hui, alors que l’action Apple a cédé 5% depuis la victoire de Trump, la marque a tout intérêt à changer son fusil d’épaule.

Si les relations entre la firme à la pomme et le nouveau président semblent donc se réchauffer, le rapatriement de la production semble peu vraisemblable. Selon le quotidien Nikkei en novembre, Apple a demandé à ses principaux sous-traitants asiatiques, Foxconn et Pegatron, d’évaluer le coût d’une telle manœuvre. Résultat: le prix des iPhone “made in USA” doublerait, assure le quotidien japonais. Une estimation conforme à celle du MIT. Pire, les chercheurs du célèbre institut de technologie considèrent que l’iPhone “made in USA” est une utopie, du fait que les États-Unis n’ont ni le savoir-faire, ni les infrastructures, ni les matières premières pour le produire.

N.G.
bfmbusiness.bfmtv

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