mardi 22 septembre 2020
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CEMAC : le premier actionnaire de la Bourse régionale est en liquidation judiciaire

CEMAC : le premier actionnaire de la Bourse régionale est en liquidation judiciaire

La Banque gabonaise de développement est en liquidation judiciaire. Cela constitue un signal négatif pour la BVMAC, société de bourse sous-régionale, dont elle est pourtant le premier actionnaire avec 32,15% de parts. Des questions subsistent…

La Banque gabonaise de développement (BGD) se présente comme étant le premier actionnaire de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), la nouvelle société de marché financier née du rapprochement des bourses de Douala et de Libreville en zone CEMAC, a appris l’Agence Ecofin en consultant la géographie du capital. Cette position de l’institution suscite des interrogations sur les arbitrages qui ont encadré ce processus de fusion.

Selon le document qui a été consulté, mais qui n’est pas rendu public, la BGD détient 32,15% du capital de la BVMAC. Cela en fait, et de loin, le premier actionnaire avec, selon les textes qui régissent le droit des sociétés en zone CEMAC (OHADA), une minorité de blocage.

« En fait, tel que nous avons analysé le traité de fusion, c’est comme si on a assisté à une absorption de la Douala Stock Exchange par la BVMAC. Dans ce cas, c’est assez logique que la BGD qui était déjà l’actionnaire de référence de la Bourse de Libreville ait ce niveau de participation », a expliqué un des actionnaires qui a requis l’anonymat.

Le contrôle des entités et investisseurs gabonais est évident lorsqu’on regarde l’identité des actionnaires de l’institution. Son deuxième actionnaire (4,47%) est BGFI Capital, la filiale du groupe bancaire panafricain BGFI. On retrouve aussi d’autres filiales de ce groupe comme l’assureur Assinco, ou encore BGFI Bourse. Même si le siège a été transféré à Douala, tout porte à croire que le processus a consisté à insérer la Douala Stock Exchange (DSX) dans la BVMAC.

Les plus gros actionnaires camerounais que sont le groupe Société Générale, la Société nationale des investissements, la Caisse autonome d’amortissement, la Caisse nationale de prévoyance sociale, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures et le Crédit foncier ne détiennent ensemble que 18,1% du capital de cette société de marché.

La deuxième chose qui intrigue avec cette position de la BGD, c’est que l’institution est en liquidation. « Techniquement rien ne s’oppose à ce qu’une entité en liquidation soit actionnaire d’une société. Cela fait partie de son actif justement. Après, il est clair que c’est un gros défi si le premier actionnaire d’une société de Bourse qui se veut crédible présente ce type de faiblesse », nous a confié notre source.

Ce qu’on apprend, c’est que le regroupement des places boursières en zone CEMAC s’est accéléré parce qu’il fallait donner un signal fort aux investisseurs, et que de nombreux détails sont en train d’être réglés. Lorsqu’a été lancée la BVMAC au plus fort de la rivalité avec la Bourse de Douala, la BGD était une banque solide et portait l’essentiel (environ 72%) des parts de l’Etat du Gabon au capital de la structure.

Dans le cadre du programme de réforme économique, la dynamisation du marché boursier figure en bonne place des objectifs. La Banque centrale (BEAC) qui suit le dossier a invité les Etats à donner l’exemple en introduisant des entreprises publiques de grande importance.

Mais la société de bourse doit encore améliorer sa propre image afin de donner confiance aux investisseurs, dont elle sollicitera l’épargne dans le cadre des levées de fonds via l’émission de titres de dette ou de participation.

agenceecofin

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