vendredi 30 octobre 2020
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Centre international du commerce outille les entreprises ouest-africaines

Centre international du commerce outille les entreprises ouest-africaines

Aider les entreprises, notamment les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) ouest-africaines à être compétitives dans le cadre de l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). C’est l’objectif que s’est fixé le Centre international du commerce (ITC). La coordinatrice de la Zlecaf, Aïssatou Diallo, s’exprimait hier, lors d’une conférence de presse sur le sujet.

La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sera opérationnelle en janvier 2021. C’est la nouvelle échéance que se sont fixées les autorités africaines, après un rendez-vous raté en juillet dernier, à cause de la Covid-19 et son entrée en vigueur en mai 2019. En attendant cette date, le Centre international du commerce (ITC) est en train de travailler avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA) pour ‘’aider les pays’’ à avoir des stratégies pour opérationnaliser cet accord. Il s’agit, d’après la coordinatrice de la Zlecaf de l’ITC, de voir quelles sont les réformes à mettre en place, les produits qu’il faut positionner pour le marché africain et surtout comme y arriver.

‘’Identifier les opportunités, les défis, c’est très bien. Mais lorsqu’on ne peut pas trouver les moyens nécessaires pour pouvoir l’activer, cela ne sert pas à grand-chose. Donc, là, nous travaillons sur les stratégies. Nous travaillons également sur le dialogue public-privé. Dans les pays avec lesquels nous sommes en partenariat, nous essayons de dire aux gens que la voix du secteur privé compte’’, explique Aïssatou Diallo.

La coordinatrice de la Zlecaf au sein de l’ITC, qui s’exprimait hier, face à la presse, à l’occasion d’une conférence sur la compétitivité des micro, petites et moyennes et entreprises (MPME) d’Afrique de l’Ouest dans la Zlecaf, a indiqué que c’est ‘’important’’ d’avoir un dialogue public-privé. Ceci de manière à ce que les préoccupations des entreprises locales soient prises en compte, lorsque les décideurs politiques, les négociateurs vont penser aux réformes.

‘’Pour faciliter l’environnement des affaires, nous essayons aussi de travailler sur les barrières techniques. Il faut que les institutions telles que l’Adepme, l’Asepex qui portent les réformes, soient bien outillées pour accompagner les acteurs privés dans leur démarche à l’exportation sur le continent africain. Nous travaillons directement avec les MPME pour voir comment améliorer la performance même de l’entreprise en termes de gestion de l’entreprise, mais aussi sur les procédés de l’entreprise. C’est-à-dire les éléments liés à la qualité, au marketing, à l’environnement, à l’emballage, à l’étiquetage, etc.’’, renchérit-elle

D’après Mme Diallo, ce n’est pas parce que c’est le marché africain qu’il ‘’ne peut y avoir de compétitivité’’. ‘’Mais, à partir du moment où on travaille sur l’amélioration de la qualité de l’offre, on va forcément travailler sur la compétitivité. C’est là où c’est important d’utiliser des plateformes pour pouvoir commercialiser ses produits avec le e-commerce. Au moins, en termes de prix, celui qu’on va afficher sera transparent. La compétitivité est sur le prix, mais également sur des éléments qui ne sont pas liés au prix, mais qui permettent d’y ajouter un plus, comme le marketing’’, dit-elle.

Donc, la coordinatrice de la Zlecaf de l’ITC estime que la compétitivité va être un ‘’facteur déterminant’’ du succès de la mise en œuvre de ce marché unique africain. ‘’C’est notre avantage comparatif. Dans le système des Nations Unies, il y a beaucoup d’agences qui travaillent sur les chaines de valeur. Cependant, nous, notre avantage comparatif, c’est de renforcer l’offre, d’améliorer la compétitivité des entreprises, mieux positionner cette offre de façon à répondre aux exigences des acteurs, des clients’’, souligne-t-elle.

Pousser les femmes à sortir de l’informel

Au-delà de ces aspects, Aïssatou Diallo signale qu’il est nécessaire de voir également comment pousser les femmes à sortir de l’informel pour aller vers le formel. Mais aussi de créer des emplois dans des secteurs niches, faire de telle sorte que les communautés vulnérables, les personnes à mobilité réduite puissent profiter des opportunités de l’accord. ‘’Ce sont donc tous ces outils que nous sommes en train de mettre en place avec d’autres institutions du système des Nations Unies, avec les pays membres des communautés économiques régionales (CER) et l’Union africaine elle-même. Ce que nous sommes en train de faire au niveau du Centre international du commerce, c’est déjà de préparer les MPME. D’abord, il faudrait les informer. Parce que beaucoup d’entreprises dans les pays ne sont même pas au courant de l’existence. Deuxièmement, la sensibilisation et, troisièmement, leur donner du contenu’’, note-t-elle.

D’ailleurs, Mme Diallo relève que c’est pour cela qu’avec la Banque africaine Import-Export, son institution a signé un partenariat. Et ensemble, ils sont en train de développer ‘’toute une série de formations’’ pour les MPME sur les différents termes spécifiques du processus d’exportation sur le marché africain, pour leur permettre de connaitre tous les éléments indispensables pour accéder au marché africain.

‘’Et avec ce travail, que la pandémie persiste ou pas en 2021, ces outils seront déjà mis en ligne pour que tous les entreprises et entrepreneurs africains puissent bénéficier de ces formations. Cette offre de formation sera également transférée aux organismes d’appui aux entreprises dans les pays africains, notamment au Sénégal. En plus de la formation, nous avons la connexion aux opportunités d’affaire, avec la tenue de rencontres virtuelles sur le marketing par rapport aux besoins des entreprises pour qu’il y ait du business entre les différentes entreprises’’, assure-t-elle.

Toutefois, la responsable de la Zlecaf au sein de l’ITC admet que la Covid-19 a beaucoup affecté les entreprises. Mais cela a été aussi une opportunité pour faire évoluer certaines entreprises dans leur manière d’opérer, leur business modèle. Sur la logistique urbaine, elle relève qu’il y a vraiment des opportunités pour ‘’mieux connecter’’ l’entreprise aux consommateurs finaux et aussi créer de nouveaux emplois.

‘’On ne va pas se réveiller le 1er janvier et voir autour de nous qu’en Afrique tout circule, tout marche. Non, ce ne sera pas le cas. Néanmoins, l’esprit est là, la motivation et l’engagement sont là, de même que les normes juridiques. Il manque peut-être un peu de volonté politique pour pouvoir lever certaines barrières. Il faut faire accepter certaines réformes aux administrations et travailler sur les infrastructures. Parce qu’on ne peut pas parler de transformation structurelle du continent sans travailler sur les infrastructures. Il faut aussi développer les compétences, encourager la recherche et l’innovation, adapter la formation par rapport à la demande du marché de l’emploi africain’’, conclut-elle.

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