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C’est la signature de Bâle III qui a permis au Cac 40 de rejoindre les 5.400 points

C’est la signature de Bâle III qui a permis au Cac 40 de rejoindre les 5.400 points

La Bourse de Paris a gagné du terrain vendredi, soutenue par les valeurs bancaires après la signature d’accords de Bâle III jugés relativement peu contraignants. Le seuil des 5.400 points a été perdu début novembre.

Revoilà le Cac 40 juste sous les 5.400 points, à moins d’un point, pour la première fois depuis début novembre, au terme d’une semaine plutôt « bon cru » (trois hausses, une baisse, une stabilité), qui s’est achevée dans l’euphorie du secteur bancaire, vendredi. Les trois composantes de l’indice français (Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole) ont été de loin ses plus fortes progressions depuis l’ouverture, dans une réaction globale à la signature des accords de Bâle III, en fin de journée, la veille. Un consensus a en effet été trouvé entre les principales autorités bancaires mondiales concernant cette réglementation destinée à renforcer la stabilité des banques, et dont le contenu était en négociation depuis la crise des subprimes.

Plusieurs analystes jugent l’accord relativement permissif. « Du temps de Bâle II, des exagérations étaient apparues. Le régulateur s’emploie à les corriger, tout en voulant limiter l’impact en termes de financement de l’économie, notent les experts de LBP AM, dont les propos sont relayés par l’agence Reuters. Ainsi, les nouvelles mesures entrent en application de façon très progressive et le plancher est calculé au niveau consolidé de la banque concernée. » L’instauration du seuil plancher de fonds propres sera en effet étalée sur cinq ans à compter de 2022. Les législateurs des pays concernés doivent encore se prononcer sur le sujet avant que ces règles ne soient véritablement mises en place.

Des créations d’emplois meilleurs que prévus

Le Cac 40 a gagné 0,29% à 5.399,09 points, dans un volume d’échanges de 3,76 milliards d’euros, soit une progression moindre que celle du Dax de Francfort et du Footsie à Londres. Au plus haut du jour, l’indice a grimpé jusqu’à 5.425,75 points, bien au-delà du seuil qu’il a finalement lâché de justesse en clôture. Au moment de la clôture des marchés européens, Wall Street grimpait dans les mêmes proportions que le Cac 40. A noter par ailleurs la progression de Tarkett, plus forte hausse du SRD vendredi grâce à un relèvement de recommandation de Bryan Garnier.

La principale statistique publiée vendredi était celle des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis pour le mois de novembre. Elle a eu peu d’effet sur la tendance en Europe. L’économie américaine a créé 228.000 emplois en novembre, soit un peu plus que les attentes du consensus Bloomberg, qui tablait sur 195.000. Le taux de chômage ressort à 4,1% de la population active, un plus bas depuis près de 17 ans (décembre 2000), comme anticipé.

Plus surveillée, la composante de l’évolution des salaires, principale mesure suivie par la Fed dans le guidage de sa politique monétaire. Ils ont augmenté un peu moins qu’espéré, de 0,2% sur un mois (+0,3% attendu) et de 2,5% sur un an (+2,7% anticipé). « Le rapport indique que les salaires sont restés contenus et l’inflation sous l’objectif de la Fed dans un contexte d’absorption du surplus de main d’œuvre très lent, freiné par des effets démographiques », commente l’économiste Christophe Barraud, pour Market Securities. « Le rôle grandissant de ‘l’économie collaborative’ (Uber, Airbnb, etc.) a détruit l’inflation dans les secteurs de services, particulièrement les transports, les loisirs et le tourisme. La multiplication des plateformes d’achat en ligne comme Amazon a permis aux consommateurs d’acheter des produits au moindre prix, laissant les boutiques avec un pouvoir de fixation de prix moindre. »

Des progrès dans les négociations sur le Brexit

Par ailleurs, le risque de « shutdown » budgétaire aux Etats-Unis s’est temporairement éloigné. Une prolongation des crédits pour le budget fédéral a en effet été votée au Congrès jeudi, pour une durée, certes limitée, de deux semaines, évitant la perspective d’une paralysie des administrations à compter de lundi matin. La loi a été votée par 235 voix contre 193 à la Chambre des représentants et par 81 voix contre 14 au Sénat. De quoi gagner un peu de temps, dans l’attente d’un accord sur une rallonge de 1.000 milliards de dollars, qui doit permettre de boucler le budget 2018.

Autre incertitude en grande partie levée, celle des discussions, difficiles, sur les termes de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Des progrès suffisants, notamment sur le dossier de l’Irlande, ont été réalisés dans le cadre de ces négociations pour passer à la seconde phase du processus, concernant les futures relations commerciales des deux parties, a annoncé la Commission européenne ce vendredi matin.

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