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C’était difficile de faire plus calme en Bourse, et pourtant…

C’était difficile de faire plus calme en Bourse, et pourtant…

Le Cac 40 s’est aujourd’hui rapproché des 5.100 points, au plus haut depuis l’été 2015, soutenu par les valeurs pétrolières, mais une nouvelle fois la hausse du jour s’est faite dans le vide. Le volume d’échanges est l’un des plus faibles de l’année.

La torpeur a atteint des sommets ce jeudi en Bourse. Un comble quand on sait déjà le peu de vie qui caractérise les marchés financiers sur ce début d’année 2017. Pas de volumes, pas de volatilité, à ce point que Dominique Ceolin, le patron d’ABC Arbitrage, indiquait mardi, lors de la présentation des comptes 2016 du hedge fund français, que ce trimestre avait été le plus calme depuis 1995. C’est donc dans le vide, avec seulement 2,6 milliards d’euros échangés sur ses composantes, que le Cac 40 finit en hausse de 0,41% à 5.089,64 points. Seulement 27 points séparent le point haut du point bas du jour, et encore… Il a fallu attendre l’ouverture de Wall Street pour sortir de l’atonie la plus complète. Jusqu’à 15h30, l’indice vedette parisien évoluait dans une fourchette de moins 15 points, la plus faible depuis le début de l’année.

« Une séance tranquille, sans grande direction ». Le résumé de la séance d’hier à Wall Street proposé par Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC, est parfaitement réutilisable pour décrire celle du jour. Dans de faibles volumes également, à l’heure de la clôture des marchés européens, le Dow Jones engrange 0,33%, le S&P 500 0,28% et le Nasdaq Composite 0,2%.

L’inflation sous-jacente reste faible en zone euro

Ni le net ralentissement de l’inflation allemande en mars (à 1,5% contre 1,9% estimé), le premier depuis août, ni la révision en légère hausse du PIB américain au quatrième trimestre 2016 (de 1,9% à à 2,1% en données annualisées contre 2% estimé) ne sont parvenues à sortir la Bourse de sa léthargie. En même temps, aucun de ces deux indicateurs n’était à ce point surprenant pour faire bouger les marchés.
Ce matin, dans leur note matinale, les stratégistes de chez CM-CIC Securities écrivaient s’attendre « à une rechute (temporaire) des taux d’inflation.

En zone euro, le rebond des taux d’inflation devrait avoir atteint son pic en février, et les chiffres de mars (à paraitre ce matin pour l’Allemagne et l’Espagne et demain vendredi pour la France et la zone euro) devraient signaler leur rechute. Ceci sera le reflet de la réduction de l’effet de base favorable des prix énergétiques. Le taux d’inflation devrait baisser en tendance tout le reste de l’année et revenir sous 1,5%. » C’est d’ailleurs la faiblesse de l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire corrigée de ses composantes les plus volatiles comme le pétrole, qui fait dire à Mabrouk Chetouane, chef économiste chez BFT Investment Managers, filiale à 100% d’Amundi, qu’« il est difficile pour la BCE d’envisager tout de suite un changement de cap. » Lui table, au vu du décalage conjoncturel d’environ quatre ans entre les Etats-Unis et la zone euro, sur un ralentissement des achats d’actifs au premier semestre 2018 et sur une première hausse des taux en 2020.

Quant à la révision à la hausse de la croissance américaine de la fin 2016, là aussi, rien d’étonnant. « Ceci actera la dynamique positive de l’économie, avant même la prise de pouvoir de Donald Trump. La croissance sera particulièrement portée par la consommation privée. Ce mouvement devrait se poursuivre tout au long de l’année 2017, comme en atteste la confiance des consommateurs qui se situe à un point haut depuis 16 ans », pouvait-on lire ce matin dans la note de CM-CIC Securities qui table sur un taux de croissance de 2,6% pour cette année « alors que les premiers effets du soutien de l’activité par les politiques de Donald Trump se feront sentir sur la fin d’année. »
Cela dit, chez Columbia Threadneedle Investments, comme dans beaucoup d’autres maisons de gestion, on s’inquiète de la suite à donner à la hausse des marchés américains. « Ce rebond repose en grande partie sur les propositions de politiques que le marché juge favorables, en particulier le projet de baisse des impôts du Président Trump.

Les analystes estiment que chaque baisse de 5% du taux de l’impôt sur les sociétés entraînerait une augmentation de 4,2% des résultats des entreprises du S&P500. Cela équivaut à un bond de 17% des bénéfices et dividendes grâce aux plans fiscaux du président pour cette année (et chaque année suivante). Début mars, le marché s’était déjà adjugé 15,5% alors qu’aucune mesure promise par le locataire de la Maison Blanche ne s’était encore concrétisée – il est désormais plus probable que ses ‘bonnes’ politiques soient reportées à 2018, voire abandonnées », écrivent Toby Nangle, responsable allocation d’actifs pour la région Europe, Moyen-Orient, Afrique et Maya Bhandari, gérante de portefeuilles multi-classes d’actifs.
Le pétrole au plus haut depuis près de trois semaines

Si le président Trump a fait savoir qu’il comptait se consacrer rapidement à un abaissement de la fiscalité et des réglementations, il n’en tente pas moins de ressusciter sa réforme du système de santé, retirée en fin de semaine dernière faute de majorité dans son propre camp. Selon les agences de presse, les responsables républicains de la Chambre des représentants travailleraient d’arrache-pied à un remaniement de cette loi afin de parvenir à un vote la semaine prochaine. Aucune information n’a cependant filtré sur les modifications qui seraient apportées au projet initial pour le rendre plus acceptable à la fois par le Freedom Caucus et les républicains modérés. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, s’est quant à lui déclaré hostile à toute tentative d’accord avec les élus démocrates sur le sujet, solution pourtant prônée par la Maison-Blanche
The Freedom Caucus will hurt the entire Republican agenda if they don’t get on the team, & fast. We must fight them, & Dems, in 2018!
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 30 mars 2017

Sur le front des valeurs, les pétrolières étaient entourées alors que le Brent a repassé le seuil des 53 dollars le baril, au plus haut depuis près de trois semaines. Au-delà de l’augmentation moins forte que prévu des stocks de brut et la contraction plus marquée qu’attendu de ceux d’essence aux Etats-Unis la semaine dernière, le Koweit a fait état de discussions au sein de l’Opep concernant une prolongation des réductions de production impliquant tous les pays membres du cartel. Les agences de presse indiquaient la semaine dernière que l’Arabie saoudite compte prolonger de six mois les réductions de production décidées en fin d’année dernière et devant s’achever en juin.

 

 


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