dimanche 25 août 2019
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Cette chute « brutale » aux Etats-Unis qui a failli faire capoter le rebond de la Bourse de Paris

Cette chute « brutale » aux Etats-Unis qui a failli faire capoter le rebond de la Bourse de Paris

Après avoir chuté de 6% sur les séances de vendredi et lundi, la Bourse de Paris est parvenue à rebondir, contrairement à hier. Mais ce fut moins une. Le soudain plongeon des taux à dix ans aux Etats-Unis a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. Les craintes de récession sont au plus haut depuis la grande crise financière.

C’est un peu avant 14 heures que tout a basculé. Soudain, une chute « notable », « brutale », « violente » du taux des titres de dette à dix ans des Etats-Unis, comme qualifiée par Antoine Lesné, directeur de la stratégie SPDR ETF de State Street Global Advisors. Sur le marché secondaire, le rendement des obligations souveraines américaines est allé jusqu’à tomber sous 1,6%, au plus bas depuis la fin 2016, tandis que le taux très court à trois mois est resté ancré à un peu plus de 2%. Depuis cette année, sur fond de guerre commerciale, les taux longs et moyens (dix ans, sept ans, cinq ans, deux ans) sont inférieurs aux taux courts (un an, trois mois), signe que les boursiers craignent une récession prochaine. Mais la nouveauté de ce mercredi, avec un taux à dix ans qui a chuté jusqu’à plus de dix points de base par rapport à la clôture d’hier (1,704%), c’est que l’écart avec le taux à trois mois a progressé pour atteindre -0,4 point, son niveau le plus élevé depuis la fin 2007, juste avant la grande crise financière.

Quand l’économie se porte bien, emprunter à long terme revient plus cher qu’emprunter à court terme. Plus l’échéance est lointaine, plus l’incertitude est grande, plus les risques sont gros (problème de remboursement, inflation…) et plus les prêteurs demandent une prime élevée. Et donc, s’il y a inversion, si les emprunts à court terme deviennent plus coûteux que les emprunts à long terme, c’est qu’il y a une tuile. En ce moment, vus du marché de la dette, les risques à un an (avec un taux de 2,3%) sont perçus comme plus élevés que ceux sur les dix ans à venir. L’inversion de la courbe des taux est donc un signal d’alarme.

Simple coup de chaud du mois d’août ?

« Le marché price maintenant une vraie récession, plus seulement un ralentissement de l’économie », analyse Antoine Lesné, qui s’interroge sur le bien-fondé de ces craintes, peut-être « exagérées », au vu d’une économie américaine qui, malgré un coup de frein, continue à être solide. « Pas de faillites d’entreprises, pas de risque de crédit… » Pour ce qui est sûr, « les faibles volumes du mois d’août ont accentué le mouvement. »

La chute s’est en outre accélérée après que le seuil technique de 1,64% a été enfoncé, un seuil mis en avant par le chartiste William Maloney, contributeur pour l’agence d’informations financières Bloomberg.

Au final, le plongeon du taux à dix ans américain a provoqué une onde de choc. L’ampleur de la variation a été telle qu’elle a fait s’actionner les alarmes dans les modèles de risque. Sur les marchés d’actions, à Wall Street, le Dow Jones, qui était attendu en hausse de 100 points, a chuté jusqu’à près de 600 points au plus bas du jour (-2,2%). A Paris, le Cac 40, qui gagnait 1,5%, a effacé ses pertes avant de repartir un peu de l’avant. L’indice finit sur un gain de 0,61%, à 5.266,51 points, son premier rebond après trois séances de baisse. La menace de Donald Trump, jeudi soir, de surtaxer les produits chinois qui ne l’étaient pas encore, a provoqué un « sell-off ».

Sur le front des valeurs, alors que la séance était très calme jusqu’à 14 heures, on notera surtout la hausse de plus de 3% d’EssilorLuxottica. MainFirst a entamé le suivi du titre à « surperformance » avec un objectif de cours fixé à 140 euros. Le géant de l’optique envisage par ailleurs de nouvelles acquisitions après le rachat du néerlandais GrandVision, a déclaré le vice-PDG du groupe, Hubert Sagnières, à Bloomberg.

investir.lesechos

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