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Cette fois-ci, c’est Yellen qui fait flamber l’euro

Cette fois-ci, c’est Yellen qui fait flamber l’euro

Le discours tant attendu de Janet Yellen a laissé les opérateurs sur leur faim, la patronne de la Fed n’ayant pas évoqué la politique monétaire. Sur le marché des changes, l’euro a quand même fait une poussée bien au-delà de 1,18 dollar, alors que les opérateurs estiment désormais que la prochaine hausse des taux directeurs aux Etats-Unis n’interviendra pas avant juin 2018.

Tout ça pour ça ! Janet Yellen, qui ouvrait la nouvelle édition du symposium économique de Jackson Hole, a clairement laissé les investisseurs financiers sur leur faim. La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) n’a fait aucune déclaration de politique monétaire, ni sur l’évolution des taux des Fed funds, ni sur la réduction de la taille de son bilan, s’en tenant à souligner que personne ne peut affirmer qu’il n’y aura pas de nouvelle crise et que les algorithmes sont de plus en plus présents sur les marchés financiers. Elle a aussi mis en garde contre les risques de retour, tôt ou tard, d’un optimisme excessif. « L’éventail de la recherche suggère que le cœur des réformes que nous avons mises en œuvre a sensiblement renforcé la capacité de résistance sans limiter indûment la disponibilité du crédit ou la croissance économique », a-t-elle encore indiqué.

Pas de quoi rassasier les opérateurs… Sur les marchés d’actions, comme sur celui des changes, la conséquence a été immédiate. Le Cac 40, qui a fait une pointe à 5.141,05 points peu avant 16 heures et l’intervention de Janet Yellen, a rapidement effacé ses modestes gains pour revenir flirter avec la ligne de flottaison. A la clôture, l’indice parisien cède 0,17 %, à 5.104,33 points, dans un volume d’échanges de 2,1 milliards d’euros. A Wall Street, le Dow Jones est un peu mieux orienté, avec un gain de 0,25 %, profitant du recul du dollar face à l’euro.

La devise unique se traite en effet à 1,1872 face au billet vert, les cambistes estimant désormais que la probabilité d’une hausse des taux directeurs en décembre s’est réduite. D’après le baromètre Fedwatch de CME Group, la possibilité d’un troisième tour de vis monétaire cette année n’est plus que de 37,2 %. Il faudra, à en croire cet outil, attendre juin 2018 avant de voir la Fed relever le taux des Fed funds.

A 21 heures, ce sera au tour de Mario Draghi, de la Banque centrale européenne, de prendre la parole. Lui qui s’est montré inquiet de la force de l’euro changera-t-il son discours ? Selon des sources proches du dossier citées la semaine dernière par l’agence Reuters, il devrait s’en tenir à la thématique du colloque afin de ne répéter sa bourde de Sintra, au mois de juin, qui avait provoqué une appréciation de la devise unique. Gero Jung, chef économiste chez Mirabaud AM et ancien banquier de la Banque nationale Suisse (BNS), rappelle toutefois qu’en 2014 Mario Draghi a changé son discours la veille de son intervention. C’est rare, mais cela arrive. Rien ne garantit donc qu’il ne prendra pas à revers les marchés.

En coulisses, le remplacement de Janet Yellen, dont le mandat arrive à terme au début de l’année 2018, devrait être l’objet de nombreuses discussions. D’autant plus que le président Donald Trump, en charge de cette nomination, n’a pas encore indiqué s’il lui accorderait à nouveau sa confiance ou pas. Bien qu’il ne porte pas Janet Yellen dans son cœur et bien qu’il l’ait beaucoup critiquée, il n’exclut pas de renouveler son mandat mais pense également à un autre nom, celui de Gary Cohn, ancien numéro 2 de Goldman Sachs et actuel chef économiste de la Maison-Blanche.
La distribution boit la tasse

Une fois de plus, le secteur de la distribution en prend un coup dans l’aile. Le géant américain du commerce en ligne Amazon (- 0,1 %) a annoncé la finalisation, dès lundi, du rachat de l’enseigne bio Market Whole Foods mais surtout la baisse des prix de quelques-uns des produits les plus vendus par la chaîne de magasins. De quoi faire trembler les acteurs traditionnels de la grande distribution. A Paris, Carrefour, qui souffrait déjà hier des craintes des analystes sur la qualité de ses comptes semestriels qui seront publiés la semaine prochaine, a encore perdu du terrain et terminé pour la deuxième journée d’affilée en dernière position du Cac 40 : – 2,16 %. Sur le SRD, Casino n’est guère mieux loti et abandonne 1,68 %. Ailleurs en Europe, le belgo-néerlandais Ahold Delhaize accuse le coup et chute de 6,2 %.

A l’inverse, Vivendi prend 2,30 %. Le gouvernement italien pencherait pour un maintien sous contrôle italien de la société Telecom Sparkle, selon le quotidien Corriere della Sera.

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