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Citroën Cactus : une berline pensée comme un SUV

Citroën Cactus : une berline pensée comme un SUV

Elle a la silhouette mais pas les dimensions d’un SUV. Pourtant, elle en copie presque tous les attributs lorsqu’on s’installe derrière le volant. A condition de se contenter de l’essentiel…

“C’est une berline”, nous explique Citroën pour dissiper tout malentendu. On aurait pourtant juré que c’était un SUV. Ses lignes baroudeuses rappellent en tout point la bouille de ces 4X4 très en vogue, au point de nous faire oublier ses dimensions de berline. A peine plus haute qu’une Citroën C4, et 17 cm moins longue… Mais ses grosses roues (16 pouces en entrée de gamme et 17 pour le modèle essayé) et sa garde au sol rehaussée donnent néanmoins cette impression de SUV. D’ailleurs, cette ambigüité a été entretenue à dessein par la marque aux chevrons. Et il est vrai que la C4 Cactus est une voiture surprenante.

Equipements de bonne qualité et conduite agréable

Tout d’abord, on est loin de la voiture low-cost que l’on pouvait craindre lorsque Citroën avait conceptualisé le modèle ramassé sur “l’essentiel”. Certes, la voiture est assez dépouillée mais les équipements présents sont de bonne qualité.

L’agrément de conduite est là en tout cas. Avec les nouvelles motorisations PureTech de PSA, nul besoin d’une grosse motorisation pour sentir que la voiture pousse bien. La 110 chevaux a montré tout le dynamisme dont elle est capable, même si l’acoustique n’est pas des plus agréables. Si l’on ajoute à cela les bonnes performances en termes de tenue de route, la Cactus n’a plus grand-chose à envier aux SUV. Même la vue dégagée à l’avant, et l’habitacle généreux nous dépaysent de la simple berline.

Dépouillé et astucieux

Astucieux, Citroën a recréé un tableau de bord dépouillé de nombreux artifices. La place libérée n’est toutefois pas toujours bien exploitée. Certes, la boîte à gants s’ouvre par le haut, ce qui donne un côté original. Celle-ci n’est pas pour autant plus grande. Une petite étagère est disponible un peu plus bas, mais ne paraît pas très utile…

Le tableau de bord est totalement digital et affiche les informations les plus essentielles en un coup d’œil. L’écran tactile, pas très grand, est également bien pensé avec ses raccourcis des deux côtés de l’écran. On attend toutefois un GPS plus intuitif et ergonomique. Citroën joue sur des effets textures pour colorer la planche de bord. Les plastiques n’en restent pas moins de qualité moyenne, quand cela ne sonne pas creux.

Sur l’habitabilité, la Cactus offre tout ce dont une berline de sa catégorie est capable. On apprécie toutefois l’espace à l’avant qui, là encore, entretient l’illusion de SUV du Cactus. Les places arrières sont correctes, et le coffre plutôt généreux.

Les airbumps: esthétiques mais pas très utiles…

Citroën a plutôt réussi son pari de créer une voiture focalisée sur l’essentiel, mais sans verser dans le low-cost. Pratique, efficace et fonctionnel, le Cactus offre en sus une carrosserie originale et bien dessinée. Il a d’ailleurs reçu le premier prix du design au salon de New York. Sur l’esthétique, les airbumps donnent une vraie griffe à la voiture. Il s’agit d’une sorte de bouclier latéral qui permet de protéger la voiture contre les chocs.

“Nous avons déposé plus de 20 brevets pour aboutir à ce résultat”, nous explique un porte-parole de la marque Citroën.

Sauf que les chocs supportés sont un coup de chariot de supermarché, ou de poussette, et surtout de portière – mais “pas trop fort” nous précise une source en interne. Finalement, les airbumps remplissent une fonction esthétique indéniable, on est moins convaincu sur son intérêt fonctionnel. Ce qui nous conduit à nous interroger sur “l’essentiel” que Citroën s’est juré de proposer au consommateur.

Des tarifs un peu plus élevés

Parce qu’en termes de prix, la Citroën Cactus n’est pas si abordable que Citroën le prétend. Certes, son prix d’appel est intéressant : 15.000 euros, mais vous n’aurez guère que 82 chevaux sous le capot. Citroën vient d’ailleurs d’arrêter le modèle à 75 chevaux à 13.950 euros. Le modèle essayé ici (la PureTech 110 BVM en finition Shine) est à 20.350 euros.

En réalité, la voiture se situe dans la même grille tarifaire qu’un Peugeot 2008, qui assume davantage son statut de SUV. L’ambiguïté sur le look SUV est confondante et appréciée, sur les tarifs, un peu moins…

Nabil Bourassi
latribune.fr

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