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Climat : 150 chefs d’Etat à Paris pour sortir la planète de l’état d’urgence

Climat : 150 chefs d’Etat à Paris pour sortir la planète de l’état d’urgence

La COP21 vise à limiter le réchauffement à +2 degrés, un objectif non atteint à ce stade. Certains pays émergents et producteurs de pétrole pourraient faire obstacle à un accord.

Deux degrés de réchauffement, pas un millionième de plus. L’humanité se donnera-t-elle les moyens de ne jamais dépasser cette limite au-delà de laquelle sa survie même serait en jeu ? La réponse à cette question, posée en vain depuis 2009 et la conférence de Copenhague, se joue à compter d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de la semaine prochaine à Paris où plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement sont venus au secours d’une planète placée « en état d’urgence », pour reprendre la formule de Nicolas Hulot.

2015 année la plus chaude de l’histoire de l’humanité

La France, qui organise la 21e conférence de l’ONU sur les changements climatiques, la COP 21, n’avait pas accueilli depuis longtemps un tel rassemblement de hauts dirigeants dans sa capitale. Une performance hélas à la hauteur des records climatiques qui s’accélèrent. L’année 2015 n’est pas finie qu’elle s’annonce déjà comme la plus chaude de l’histoire de l’humanité . La réunion d’un tel aréopage saura-t-elle donner un élan décisif aux négociations qui vont suivre pour permettre, enfin, de contenir la folle montée du mercure et son lot de catastrophes de moins en moins naturelles ?
C’est tout le calcul de François Hollande. Le chef de l’Etat a les moyens de rappeler ses homologues à leurs engagements. Pas moins de 183 pays ont publié leur plan chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Un chiffre impressionnant, qui englobe 95 % des émissions mondiales, mais encore bien insuffisant pour tenir le cap des +2 degrés.

Pression de la société civile

Pour relever l’ambition de ces pays, la pression de la société civile – les ONG environnementales, les villes, mais aussi les entreprises, volontaires pour s’acquitter d’un prix sur le carbone – est plus que jamais déterminante . Sauf qu’à Paris, les ONG ne bénéficieront pas des mêmes facilités d’expression pour l’exercer que dans les autres capitales qui ont eu à accueillir une COP. Un coup de frein lié aux mesures de sécurité consécutives à l’instauration de l’état d’urgence décrété après les attentats terroristes , qui n’a pas empêché des rassemblements à Paris dimanche, ponctués de heurts avec la police.

Plutôt bon départ

La COP 21 ne débute pas, heureusement, sur un trop mauvais pied. Du côté des pays riches, le Canada est revenu dans le jeu des négociations en annonçant des financements importants. L’Australie et le Royaume-Uni se montrent ambitieux. Quant aux Etats-Unis, ils seraient moins sur la réserve que le laissaient penser les déclarations de John Kerry , le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, sur le caractère non contraignant du futur accord. Quant à la Chine, premier pays émetteur de GES du monde, elle semble toujours aussi allante.
En revanche, des difficultés sérieuses sont toujours à craindre du côté de l’Inde. Ce pays en développement, dont les émissions de GES sont en hausse constante, n’entend rien sacrifier qui compromette l’amélioration du niveau de vie de sa population. Les pays producteurs de pétrole, dont les revenus souffrent de la chute du prix du baril, pourraient également faire obstacle à un accord un tant soit peu ambitieux qui menacera it leurs intérêts. « Il n’y a jamais d’accord parfait », a estimé samedi Ban Ki-moon. Relativement confiant, le secrétaire général des Nations unies considère « qu’on pourra avancer » à Paris, notamment sur le fait d’obtenir une révision des objectifs dans cinq ans et un suivi régulier des engagements.

Joel Cossardeaux / Chef de service adjoint
lesechos.fr

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