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Comme l’Iran, la Libye ne participera pas au gel de la production de pétrole

Comme l’Iran, la Libye ne participera pas au gel de la production de pétrole

Mardi, à Tripoli, un délégué de la Libye auprès de l’OPEP a déclaré que le pays n’a pas l’intention d’assister à la réunion qu’organise Doha entre les treize membres de l’OPEP et certains pays non OPEP dans le but de geler l’offre pétrolière pour soutenir les prix sur le marché international.

Le pays rejoint ainsi l’Iran, un autre membre de l’OPEP, qui a décidé il y a peu de snober l’initiative.

L’absence des deux pays limiterait l’impact de tout gel par les producteurs de l’OPEP d’autant plus qu’ayant atteint une production d’environ 2,9 mbj en janvier, l’Iran planifie dans l’immédiat une production de 500 000 b/j. De plus, même si la production libyenne tourne autour de 400 000 b/j au lieu de 1,6 mbj avant la crise de 2011, Tripoli envisage de faire grimper aussi sa production. « De toute évidence, ils doivent nous permettre de revenir à notre production lorsque la situation de sécurité dans le pays s’améliorera », a déclaré le responsable selon Hellenic Shipping News.

Depuis plusieurs mois, la Libye est à pied d’œuvre pour revenir aux niveaux de production d’avant-conflits et affiche clairement sa détermination pour aller jusqu’au bout de son ambition. Cette initiative pourrait ainsi constituer pour elle une opportunité car si les autres pays adoptent le gel de l’offre et que sa production atteignait les niveaux souhaités, elle pourrait gagner davantage de parts de marché. A la mi-février dernière, la NOC, compagnie d’État en charge du secteur, avait tenu une réunion avec les grandes compagnies étrangères présentes sur le territoire libyen afin de trouver les voies et moyens susceptibles de tirer vers le haut la production actuelle. « La position de l’Iran n’est pas une surprise et elle n’est pas injustifiée. Ce pays a vu sa production et ses exportations pétrolières chuter depuis l’embargo européen de 2012. Sur les plans économique et pétrolier, la logique est respectée. Je pense cependant que cela n’empêchera pas un accord sur le gel de la production de plusieurs pays OPEP et non-OPEP. Ce sera d’autant moins difficile que beaucoup d’entre eux ne peuvent pas produire plus » , opinait la semaine dernière, l’expert français des questions énergétiques, Francis Perrin.

On pourrait donc conclure que l’absence de la Libye, qui, aujourd’hui, produit beaucoup moins que l’Iran, n’empêchera pas un accord relatif au gel de la production. L’annonce de l’initiative de Doha a eu un impact positif sur le prix du baril sur le marché international qui était de 41 $, mardi après un creux de 27 $ en janvier, son plus bas niveau depuis 12 ans. Selon certains experts de la question, l’accord aura sans doute un « petit effet positif » sur l’offre excédentaire sur le marché mais aussi sur le prix de la ressource. Ce qui arrangerait certainement les compagnies engagées dans l’extraction et la production mais aussi toute la chaîne de consommation. « Il faudrait que les prix s’inscrivent dans une fourchette de $50-60 par baril pour que les compagnies respirent mieux » , précisait Francis Perrin.

Olivier de Souza
agenceecofin.com

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