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Comment Airbus Helicopters a sorti les Américains de Corée

Comment Airbus Helicopters a sorti les Américains de Corée

Le groupe européen a signé un contrat de développement et de production portant sur plus de 300 hélicoptères militaires et civils, et représentant 1,5 milliard d’euros sur 20 ans.

C’est ce qu’on appelle un gros coup. Airbus Helicopters a signé ce lundi 16 mars avec la Corée du Sud un contrat historique estimé à 1,5 milliard d’euros, pour 214 hélicoptères militaires d’attaque, dits LAH (Light Armed Helicopter) et une centaine d’appareils civils (LCH, pour Light Civil Helicopter).

Le leader mondial des hélicoptères, préféré à l’américain Bell et à l’italien AgustaWestland, va ainsi épauler l’industriel local KAI (Korean Aerospace Industry) pour développer ces 2 nouvelles machines, dont l’entrée en service est prévue en 2020 pour la version civile, et en 2022 pour la version militaire.

Comment Airbus Helicopters a-t-il emporté le morceau? Le groupe s’est largement appuyé sur son premier coup fumant en Corée, un marché de 240 appareils de transports remporté en 2005 par l’ex-Eurocopter face aux Américains, déjà en collaboration avec KAI.

«Ce programme Surion se déroule parfaitement en termes de planning et de transfert de technologies, souligne Norbert Ducrot, vice-président en charge de l’Asie du Nord (Chine, Japon, Corée). Il nous a permis d’approfondir notre relation de confiance avec la Corée.»

Offre calibrée

Airbus Helicopters a aussi su faire preuve d’ingéniosité pour calibrer son offre. Le groupe disposait d’un hélicoptère d’attaque dans sa gamme, le Tigre, mais celui-ci ne correspondait pas au besoin coréen, Séoul désirant la même plateforme pour ses hélicoptères civils et militaires.

Le budget alloué par la Corée ne permettait pas non plus de lancer un nouvel appareil de zéro. Le groupe de Marignane (Bouches-du-Rhône) a donc dégainé un invité surprise: son bestseller Dauphin, dont la dernière version H155 servira de base aux futurs appareils coréens. Le LAH, la variante militaire, sera armée d’une tourelle canon à l’avant de l’appareil, à l’image du Tigre et de l’Apache.

Pour Airbus, ce choix s’est révélé un coup de maître. Un, il permet de s’appuyer sur une plateforme mature, qui a déjà fait ses preuves en version militaire sous le nom de Panther. Deux, il donne en quelque sorte une seconde vie au Dauphin, dont le groupe a dévoilé début mars le remplaçant, baptisé H160. Ce Dauphin Made in Korea, largement modernisé, sera d’ailleurs proposé à l’export, avec un potentiel de ventes estimé à 600 appareils. Le groupe européen espère ainsi doubler le chiffre de ventes de l’appareil (plus de 1.000 hélicoptères à ce jour) dans les 20 prochaines années.

Avec ce contrat, Airbus Helicopters ébranle encore un peu plus le bastion coréen des industriels américains (…)

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Vincent Lamigeon
challenges.fr

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