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Comment Google a échappé de peu à un procès antitrust américain

Comment Google a échappé de peu à un procès antitrust américain

Les services de l’autorité de concurrence américaine avaient bien conclu à l’abus de position dominante de Google dans un rapport de 2012 révélé par le Wall Street Journal. Si leur recommandation d’ouvrir un procès n’a pas été suivie par les membres de la FTC à l’époque, ces révélations pourraient conduire des concurrents tels que Yelp à engager des poursuites.

Par inadvertance. La Federal Trade Commission (FTC), l’autorité de concurrence américaine, a révélé par erreur au « Wall Street Journal » un rapport remontant à 2012 dans lequel ses services concluaient sans équivoque que Google s’était bien livré à des pratiques anticoncurrentielles, avait abusé de sa position de monopole et nui à ses rivaux dans l’Internet. Mais les membres de la commission n’avaient pas suivi la recommandation du rapport préconisant l’ouverture d’un procès antitrust, qui aurait sans doute été l’un des plus importants et médiatiques depuis le dossier Microsoft. La FTC a demandé à récupérer le document explosif dont le quotidien américain dévoile les grandes lignes :

« Le comportement de Google a causé du tort et en causera à l’avenir au consommateur et à l’innovation sur les marchés de la publicité et de la recherche en ligne » conclut ce rapport de 160 pages.

Des preuves du biais de la recherche ?

Début 2013, les membres de la FTC avaient voté à l’unanimité la clôture de l’enquête contre Google, estimant que les engagements volontaires du géant de l’Internet apportaient une solution plus efficace et plus rapide « que toute autre option. »

Ce document apporte de l’eau au moulin des concurrents de Google qui continuent de clamer que le groupe de Mountain View favorise ses propres services dans les résultats de recherche, aux Etats-Unis et en Europe.

« Ce document semble montrer que la FTC a des preuves directes du biais intentionnel de la recherche de Google » déclare ainsi le directeur des affaires publiques du site de recommandations Yelp au Wall Street Journal.

La FTC prétend qu’il s’agit d’une version non corrigée d’un document. Ce dernier contient des données non connues, des détails fournis par Eric Schmidt, le directeur exécutif de Google, et les cofondateurs Larry Page et Sergei Brin eux-mêmes, telles que la véritable part de marché du groupe dans la recherche à l’époque aux Etats-Unis, évaluée entre 69% et 84% contre 65% par l’institut ComScore. “Le consommateur a le choix, la concurrence est à un clic” martèle pourtant Eric Schmidt.

« Google a adopté une stratégie de rétrogradation ou de refus d’afficher des liens vers certains sites verticaux dans des catégories hautement commerciales » indiquent les services de la FTC dans le rapport, avant d’écrire en conclusion « Google a maintenu de manière illégale son monopole dans la recherche et la publicité liée à la recherche. » Le moteur de recherche aurait même copié des contenus d’autres sites, par exemple les classements de ventes d’Amazon : Google aurait menacé les concurrents lui demandant de mettre fin à cette pratique de les retirer de ses résultats de recherche.

Le Wall Street remarque qu’un procès aurait ennuyé Barack Obama, dont Google a été l’un des plus importants soutiens, la deuxième entreprise en termes de contributions financières à sa campagne de réélection.

Interrogé, Google a souligné que la FTC avait convenu qu’il n’était pas nécessaire de prendre des mesures et que les consommateurs et internautes ont “plus de choix que jamais.”

Delphine Cuny
latribune.fr

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