Accueil / Développement / Commerce extérieur : La chute du naira au Nigeria plonge l’économie du Bénin

Commerce extérieur : La chute du naira au Nigeria plonge l’économie du Bénin

Commerce extérieur : La chute du naira au Nigeria plonge l’économie du Bénin
© royalconsolidators

C’est un secret de polichinelle que le vent de récession qui frappe l’économie nigériane depuis peu n’épargne pas le Bénin. Depuis le 20 juin, date de la mise en œuvre de la flexibilité du naira par la Banque centrale du Nigeria (Nbc), l’économie du pays plonge littéralement, entraînant dans sa chute, celle de son voisin, le Bénin. Le tableau de bord qu’affichent les derniers échanges commerciaux entre les deux pays, témoigne de l’étendue du drame.

Les transactions commerciales entre le Bénin et le Nigeria vont du mal en pire. La chute de l’économie nigériane, amorcée depuis plusieurs mois, frappe de plein fouet l’économie du Bénin. La faute à une monnaie nigériane qui a atteint depuis le 20 juin, un niveau record de dépréciation. Une catastrophe pour des milliers de commerçants béninois dont l’activité est basée sur le commerce avec le grand voisin de l’est. Un casse tête aussi pour les autorités qui voient les recettes s’affaisser de jour en jour.

Tenez! Selon les estimations officielles, l’économie béninoise tire 50% de ses ventes extérieures, 50% des recettes douanières, et près de 20% du budget général de l’Etat de ses échanges avec le Nigeria. En 2016, révèle une étude récente, les activités de réexportation du Benin ont baissé de plus de 50% et plus de 70% pour les véhicules d’occasion. Preuve de cette crise économique majeure, le magnat de la volaille, avec son chiffre d’affaires annuel de 46 milliards grâce à la réexportation des produits congelés, a vu ses recettes de plus de 72%. Premier contributeur aux ressources fiscales du pays, inutile de s’époumoner pour prouver l’impact de cette chute drastique sur le budget national. Idem pour les exportateurs de riz, de l’huile, de sucre etc qui, du fait de la dévaluation du naira, ne peuvent plus écouler leurs produits au Nigeria, puisque les prix locaux sont actuellement plus compétitifs. Selon les organismes internationaux, la baisse de la monnaie nigériane s’est traduite par un renchérissement de l’ordre de 18,6% des produits alimentaires habituellement réexportés vers le Nigeria. De 108 milliards en 2012, les recettes béninoises issues de échanges avec le Nigeria ont baissé à 91 milliards en 2015 et s’annoncent autour 50 milliards dans les années à venir, si la tendance se maintient. Quand on sait que chaque année, 500.000 tonnes de riz, 50.000 tonnes de produits congelés, et 100.000 véhicules d’occasion, transitent du Benin vers le Nigeria, une prompte reaction est attendue de la part des pouvoirs publics.

La contrebande, l’autre casse-tête

Le Bénin doit également faire face à une montée en flèche de la contrebande dans plusieurs secteurs. Si le gouvernement a fini par plier face à l’essence de contrebande, il doit désormais limer ses méninges pour limiter la casse dans d’autres secteurs. Car plusieurs produits vitaux entrent de plus en plus dans la danse, profitant de la baisse du naira. La Société béninoise de brasserie (Sobebra), première victime de l’entrée frauduleuse des boissons d’origine nigériane dont le fameux Goldberg, avait porté l’alerte vers le gouvernement, il y a peu. Hélas sans suite. De même, le ciment nigérian frauduleusement importè aux alentours de 50.000 fcfa, dame de jour en jour le pion au local. Autant de baisses de recettes fiscales pour l’économie béninoise qui sombre en douce sous le naira nigérian. Pour l’instant, le gouvernement, malgré des grands noms de la finance tels Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irenée Koupaki dans ses rangs, et sous le management d’un opérateur économique averti, semble pendre tout son temps. Pourvu que ce ne soit trop tard.

 

 

Bruno O. OTEGBEYE / beninmondeinfos.com

Aller en haut