jeudi 24 septembre 2020
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Commerce intra-africain : avec Tunis et Yaoundé, Afreximbank redessine son influence régionale

Commerce intra-africain : avec Tunis et Yaoundé, Afreximbank redessine son influence régionale
Abidjan, Abuja, Harare, Kampala et incessamment Tunis et Yaoundé. La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) va être présente dans toutes les sous-régions du continent. Une manière de multiplier ses cartes pour le renforcement du commerce intra-africain.

Vers une accentuation de l’influence d’Afreximbank. Du nord au sud, de l’est à l’ouest en passant par le centre, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) sera bientôt implantée dans toutes les sous-régions du Continent. Exerçant déjà à partir d’Abidjan à destination des pays ouest-africains francophones, à partir d’Abuja pour l’Ouest anglophone, depuis Kampala (Ouganda) pour les économies est-africaines et Harare pour l’Afrique australe, la Banque panafricaine prépare l’ouverture incessante de son bureau nord-africain à Tunis, « le temps de finaliser les formalités administratives avec le gouvernement tunisien », indique à La Tribune Afrique Obi Emekekwue, directeur et responsable mondial des communications d’Afreximbank.

A Yaoundé, l’accord pour l’établissement du siège Afrique centrale a été signé vendredi dernier par le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute, le ministre des Affaires extérieures Lejeune Mbella Mbella et le président d’Afreximbank, Benedict Oramah.

Mieux desservir le Nord

Avec ces deux nouvelles implantations, l’institution financière multilatérale basée au Caire entend renforcer sa contribution au développement des entreprises d’Afrique du Nord et centrale. Très active en Egypte où elle travaille avec les autorités depuis sa création en 1993, Afreximbank a récemment multiplié les interventions financières en Tunisie comme en février dernier lorsqu’elle a autorisé une ligne de financement de 800 millions de dollars pour stimuler le commerce et l’investissement notamment en direction du sud du Sahara. Depuis l’année dernière, la Banque travaille également sur un partenariat stratégique avec le Maroc (devenu actionnaire de l’institution en janvier 2018), toujours en vue de promouvoir le commerce intra-africain. L’Algérie qui bénéficie encore peu des actions de la Banque fait partie de ces marchés auxquels l’institution pourrait s’attaquer prochainement, probablement après le retour de la stabilité socio-politique.

« Recalibrer » les entreprises d’Afrique centrale, une région stratégique

Avec un PIB combiné de 250 milliards de dollars et une taille commerciale de près de 120 millions de dollars, les neuf pays d’Afrique centrale sont considérés comme étant à fort potentiel pour le commerce intra-africain, d’autant que la sous-région est l’une des plus riches en ressources naturelles qu’elles soient minières ou énergétiques (hydrocarbures). C’est probablement la raison pour laquelle le siège d’Afreximbank à Yaoundé consistera en un building baptisé « Afreximbank Africa Trade Centre for Central Africa » qui abritera entre autres un hôtel de classe mondiale, un centre d’information commerciale, une salle d’exposition commerciale et une grande salle de conférence. Dans un communiqué, la Banque évoque également la nécessité de « recalibrer » les entreprises, afin de renforcer leur compétitivité.

En juillet 2018, Afreximbank consentait à un accord de cofinancement de 500 millions de dollars avec la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale (BDEAC) pour aider la sous-région à rattraper ses retards en matière de business. Au niveau pays, la Banque intervient déjà au Gabon et a récemment reçu la Centrafrique parmi ses actionnaires. Intéressée par le projet de pont entre le Congo Brazzaville et la RDC, Benedict Oramah s’est rendu à Kinshasa, en mai dernier, pour rencontrer le président Félix Tshisekedi.

85 milliards de dollars d’investissement d’ici 2021

Pour sa « ténacité » et sa « résilience » dans « un environnement opérationnel à haut risque », Afreximbank a récemment vu sa notation à long terme passée de BBB+ à A- par Global Credit Rating (GCR). L’exercice 2018 a été bonifié d’une hausse de 24% à 285,4 millions de dollars en glissement annuel. Et d’ici 2021, la Banque débloquera 85 milliards de dollars pour le commerce intra-africain, conformément au plan d’investissement annoncé en février 2019. Une intensification de l’investissement justifiée par la montée en puissance du commerce intra-africain qui représente 17% des 997,9 milliards de dollars de recettes du commerce africain en 2018. Et la nouvelle configuration régionale d’Afreximbank -dont les actions ont désormais pour trame de fond le projet de Zone libre échange continentale (Zlecaf)- pourrait davantage booster les échanges intra et extra-africains.

afriquelatribune

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