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Conférence de Durban: l’Afrique doit créer 450 millions d’emplois

Conférence de Durban: l’Afrique doit créer 450 millions d’emplois

Selon le rapport Africa Competitiveness dévoilé en marge de la conférence de Durban, l’Afrique ne pourra créer que 100 millions d’emplois d’ici 20 ans dans l’état actuel de ses politiques économiques. Or, le continent aura besoin de 450 millions de postes pour faire face à la demande du travail. En clair, ce rapport publié par la Banque Mondiale en partenariat avec le Forum Économique Mondial et la Banque Africaine de Développement évoque les enjeux d’un continent confronté à une rapide évolution démographique. Le rapport préconise 6 mesures à court terme et 4 mesures à long terme pour pouvoir créer 450 millions d’emplois d’ici 20 ans.

À court terme :

La poursuite de réformes sectorielles en priorité dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, telles que les agro-industries et le bâtiment, mais aussi en faveur des microentreprises, pourrait stimuler la création d’emplois à brève échéance.

· L’offre d’un soutien ciblé pourrait remédier aux graves problèmes économiques auxquels sont confrontées les régions et les populations vulnérables dans les pays fragiles.

· Des politiques d’ouverture des échanges favoriseront l’intégration économique régionale.

· L’établissement de liens entre les chaînes de valeur et les secteurs des industries extractives encouragera ladiversification économique dans les pays riches en ressources.

· L’intensification des activités de construction de logements, grâce à la réalisation d’investissements, à l’amélioration de l’aménagement urbain et à l’allégement de la bureaucratie, permettra de créer des emplois et de remédier à l’insuffisance criante du parc de logements.

À long terme :

· Le renforcement des institutions est une condition nécessaire à une mise en œuvre plus rapide et plus efficace des politiques publiques. Les carences qui ont pu être observées sur le plan de l’exécution dans le passé sont souvent imputables à la précarité des institutions.

· Il est nécessaire d’améliorer l’infrastructure pour permettre au commerce de se développer et promouvoir l’expansion des entreprises.

· Il est essentiel d’accroître le recours aux technologies pour remédier aux retards de productivité.

· La formation des compétences requises aidera l’Afrique à demeurer compétitive dans un contexte économique mondial en rapide évolution.

« Il importe avant tout d’éliminer les obstacles qui empêchent l’Afrique d’exploiter son potentiel de compétitivité pour lui permettre de réaliser des progrès économiques plus durables et assurer une prospérité partagée », souligne Richard Samans, directeur général du Centre for the Global Agenda au sein du Forum économique mondial.

« Pour répondre aux aspirations d’une population de plus en plus jeune, les responsables africains auraient tout intérêt à adopter des politiques qui améliorent la productivité ainsi que le cadre du commerce et des investissements, affirmeKlaus Tilmes, directeur du pôle mondial d’expertise en Commerce et compétitivité du Groupe de la Banque mondiale, qui a participé à l’élaboration du rapport. Aux quatre coins du continent, le Groupe de la Banque mondiale aide les autorités publiques et le secteur privé à prendre les mesures nécessaires pour établir des économies solides et accélérer la création d’emplois de manière à pouvoir tirer profit du potentiel que constitue cette évolution démographique. »

« Les villes africaines doivent revoir leurs plans d’urbanisme en tenant compte des dynamiques démographiques et économiques de ces dernières décennies. C’est absolument capital pour résorber le manque d’infrastructures urbaines et de terrains pour la construction de logements. Le continent a besoin d’investissements massifs pour réduire la pénurie de logements, et améliorer ainsi les conditions de vie des citadins, mais aussi pour créer des emplois au profit des jeunes, indique Abebe Shimeles, directeur par intérim du Département de la recherche sur le développement à la Banque africaine de développement. Dans le cadre de son nouveau modèle de prestation de services, la Banque a mis en place un service spécifiquement consacré aux villes et aux infrastructures urbaines. »

L’Africa Competitiveness Report associe les données provenant de l’indice de compétitivité mondiale (Global Competitiveness Index, GCI) du Forum à des études portant sur les politiques de l’emploi et la compétitivité des villes. Le rapport présente également une radiographie détaillée de la compétitivité de 35 économies africaines. Ces profils, qui récapitulent de manière exhaustive les différents facteurs de compétitivité dans chacun des pays couverts par le rapport, sont destinés aux responsables de l’action publique, spécialistes des stratégies commerciales et autres parties prenantes, et plus généralement à tous ceux qui s’intéressent à la région.

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