dimanche 08 décembre 2019
Accueil / Développement / Conférence sur les investissements: Pretoria tente de convaincre malgré la crise

Conférence sur les investissements: Pretoria tente de convaincre malgré la crise

Conférence sur les investissements: Pretoria tente de convaincre malgré la crise

L’Afrique du Sud tiendra, du 5 au 7 novembre, sa deuxième conférence sur les investissements. Un rendez-vous destiné à servir de vitrine pour montrer les potentialités de l’Afrique du Sud, mais surtout pour convaincre des investisseurs de plus en plus sceptiques quant aux perspectives de ce pays en crise.

Annoncée tambour battant par les différents responsables sud-africains, dont le président Cyril Ramaphosa, la conférence, qui aura lieu dans l’enceinte de l’emblématique Convention Center de Sandton (quartier financier de Johannesburg), sera marquée par la participation de 1.500 délégués, dont de nombreux étrangers.

Elle sera l’occasion de scruter les horizons peu prometteurs de ce pays, où la crise financière s’enlise avec un impact grave sur les déficits sociaux que le pays traine depuis la fin du régime de la ségrégation raciale (Apartheid) en 1994.

Le conclave sera axé sur de nombreux thèmes qui convergent vers un seul objectif : repositionner l’Afrique du Sud sur les radars des investisseurs, a indiqué, lors d’un point de presse, Trudi Makhaya, conseiller économique du chef d’Etat sud-africain.

La conférence s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Afrique du Sud, visant à drainer de nouveaux investissements de l’ordre de 1,2 trillions de rands d’ici à 2013.

Ce deuxième conclave, qui fait suite à celui de 2018, tentera de bâtir sur «les succès» de la première édition, où des engagements d’investissements de l’ordre de 300 milliards de rands ont été souscrits par des investisseurs locaux et étrangers.

Au-delà des ambitions affichées par les responsables sud-africains, la conférence intervient dans une conjoncture difficile pour le pays.
L’Afrique du Sud est en perte claire de vitesse.

Le budget de mi-mandat, présenté la semaine dernière au parlement par le ministre des Finances Tito Mbweni, a dévoilé une réalité amère. Les finances publiques s’empêtrent, menaçant d’aggraver davantage les déficits sociaux.

Selon l’argentier sud-africain, les recettes publiques ne devraient plus représenter que 1,53 trillion de rands en 2019/2020 contre R1.67 trillion, projeté en février dernier, soit 52,5 milliards de moins.

De même, le déficit budgétaire a atteint 5,9 pc du Produit Intérieur Brut (PIB), au moment où la dette brute a atteint un record de 3,367 milliards de rands, ce qui représente 60,8 pc du PIB. Pire encore, le PIB du pays ne devrait augmenter que d’environ 0,5 pc en 2019.

Avec cette croissance fragilisée, le pays ne saura juguler un chômage qui frappe officiellement 29,1 des Sud-Africains actifs.

Cette situation a poussé les agences de notation internationales à reléguer le pays dans la zone spéculative. Moody’s, seule des trois principales agences à maintenir la note sud-africaine à un cran au-dessus du niveau spéculatif, a placé, vendredi dernier, la perspective de l’Afrique du Sud sur une trajectoire négative.

Ramaphosa, qui tente depuis son arrivée au pouvoir en 2018 à remettre le pays sur les rails, ne cesse de marteler que son gouvernement doit tout mettre en œuvre pour attirer des investissements. L’objectif est de développer une économie inclusive et améliorer les conditions de vie des populations.

«Si nous voulons créer des emplois et réduire la pauvreté, il nous faudra développer notre économie à un rythme bien plus soutenu. Pour attirer des investissements, il nous faudra permettre de faire des affaires plus facilement en Afrique du Sud», a dit Ramaphosa dans un récent message hebdomadaire aux Sud-Africains.

Les rapports nationaux et internationaux montrent que la tâche ne sera pas aisée, le pays ayant besoin de mettre en œuvre des réformes pénibles qui ne semblent pas susciter l’adhésion des syndicats, une force politique que le Congrès National Africain (ANC, au pouvoir) ne donne pas l’impression de vouloir contrecarrer.

Dans le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale, l’Afrique du Sud a poursuivi son recul, se pointant au 84è rang sur un total de 190 pays, un glissement qui relègue le pays arc-en-ciel au rang des mauvais élèves de l’institution de Bretton Woods.

En dix ans, l’Afrique du Sud a reculé de la 32è à la 84è place sur ce classement, qui mesure les avancées des pays du monde dans le domaine de l’amélioration de l’environnement des affaires.

Cette régression est le résultat de la perte de confiance dans les perspectives d’avenir de cette économie, pourtant dotée d’infrastructures qui n’ont rien à envier aux pays les plus développés de la planète.

Un rapport sud-africain a révélé récemment que la confiance des investisseurs dans le pays se trouve à son niveau le plus bas depuis 1985.

Sur le plan africain, le pays se classe actuellement troisième dans le classement des meilleures destinations pour les investissements derrière le Maroc et l’Egypte. Le classement a été publié récemment par la Rand Merchant Bank, une banque d’investissement sud-africaine.

C’est dans ce contexte de morosité que l’Afrique du Sud organise sa deuxième conférence sur les investissements et se prépare en même temps à abriter vers la mi-novembre le forum annuel de la Banque Africaine de Développement sur l’investissement en Afrique, une sorte de Davos africain.

Les analystes argumentent qu’il faudra beaucoup plus que des forums pour faire de l’Afrique du Sud une destination de choix pour les investissements. Il s’agit, selon eux, d’un objectif rendu difficile par la concurrence posée par les nouvelles puissances continentales et par le déclin de l’économie sud-africaine.

laveritehebdo

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut