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Congo-Brazzaville: les industriels boudent le ciment importé

Congo-Brazzaville: les industriels boudent le ciment importé

Au Congo-Brazzaville, les industriels qui ont apporté dernièrement d’importants financements pour augmenter la production de ciment et créer des emplois dénoncent une concurrence déloyale pratiquée par les importateurs de ce produit. Ils demandent aux autorités de stopper ces importations. Réponse de ces dernières : ces importations sont utiles pour répondre à la forte demande locale. Le Congo invite même de nouveaux investisseurs à venir s’installer sur son marché très ouvert.

Dans son point de vente de ciment situé sur la voie principale d’un quartier ouest de Brazzaville, Steve Ndonga propose du ciment importé d’Égypte et de la Turquie. Mais, il affirme qu’il fait plutôt de bonnes affaires en vendant du ciment produit localement. « Je ne vends pas seulement du ciment local. Je vends aussi du ciment importé. Mais, ce qui m’avantage le plus c’est le ciment local : par rapport au prix d’achat, qui est tellement intéressant, quand je le vends je m’y retrouve un peu », raconte Steve Ndonga.

Conformément aux dispositions d’un décret de 2007 qui libéralise le secteur du ciment, notamment son importation et la fixation du prix, Steve Ndonga ne pratique pas les mêmes prix que ses concurrents : « Je sais comment j’achète mon ciment et comment je le revends pour gagner un peu. Parce qu’il y a (parmi nous les revendeurs, ndlr) certains qui l’achètent à Brazzaville et d’autres à l’usine. Donc, nous ne pouvons pas avoir les mêmes prix », dit-il.

Une menace pour les industriels installés dans le pays ?

Ces derniers temps, les industriels qui viennent de s’installer au Congo, qui ont injecté au moins 500 milliards de francs CFA (76 millions d’euros), relevé le niveau de la production et créé environ 2 000 emplois directs, affirment de plus en plus que les importations (de ciment) menacent leurs activités.

Les importations ne viennent qu’en appoint, répond pour sa part Philippe Nsondé-Mondzié, directeur général de la concurrence et de la répression des fraudes au ministère du Commerce extérieur et de la Consommation. « Qu’ils (les industriels) ne se plaignent pas de cette concurrence. Les importateurs nous ont dit que leurs tendances d’importation ont baissé de 2015 à aujourd’hui : ils sont passés de trois bateaux qui rentraient le mois à un seul bateau qui rentre pratiquement par trimestre avec un tonnage de pratiquement 30 000 tonnes », explique Nsondé-Mondzié.

Des productions locales insatisfaisantes

Selon lui, les trois sociétés de production à capitaux marocains et chinois sont loin de satisfaire la demande locale estimée à 1,2 million de tonnes par an. « Quand nous prenons la production de ces trois sociétés qui sont là, je crois que nous n’atteignons pas les 100 %. Voilà pourquoi nous recourons régulièrement à ces importations », affirme Nsondé-Mondzié qui invite d’autres compagnies à venir investir au Congo : « Nous, nous disons qu’au Congo le marché peut être petit, mais nous avons un marché sous-régional. Que ceux qui veulent venir viennent ».

Le Nigérian Aliko Dangoté a déjà pointé son nez. Il devrait lancer une cimenterie dans un proche avenir.

Loïcia Martial
rfi

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