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Conjoncture : l’étau se resserre autour de l’économie sud-africaine

Conjoncture : l’étau se resserre autour de l’économie sud-africaine

Politiques, économistes, analystes,…tous sont aux aguets en Afrique du Sud. Les prochaines notations d’agence sont sur le point de tomber. Or, le ralentissement économique jumelé aux récents scandales politiques n’augure pas de bonnes nouvelles. Craignant une dégradation de la note souveraine du pays, laquelle le plongerait davantage dans une situation in confortable, le gouvernement négocierait actuellement pour obtenir un ne serait-ce qu’un maintien de sa note, moyennant des garanties.

L’avenir à court terme de l’économie sud-africaine fait la une de la presse locale ces derniers jours. Une seule question taraude les esprits : l’Afrique du Sud arrivera-t-elle à empêcher la dégradation de sa note souveraine ? Selon les médias locaux, le Trésor national serait en négociation avec les agences de notation pour éviter la dégradation de la note souveraine du pays, à moins d’une semaine des mises à jour. Moody’s devrait publier son classement vendredi prochain, tandis que celui de Standard & Poor’s interviendra vendredi 2 décembre.

Inflation, chômage,… assombrissent davantage le contexte

Et l’inquiétude en vaut la peine, puisque non seulement en proie à plusieurs scandales politiques, impliquant même le président Jacob Zuma, l’Afrique du Sud baigne depuis dans un ralentissement économique certain cette année. Le ministre des Finances, Pravin Gordhan, a récemment revu sa prévision de croissance en 2016 à la baisse à 0,5%, contre 0,9% annoncé en février dernier. Et les données publiées hier par la Statistics South Africa (l’institution sud-africaine en charge de la production des statistiques nationales) ne font qu’alimenter les débats. Selon son rapport, l’inflation est passé à 6,4% en octobre, contre 6,1% un mois plus tôt. Pire, le taux de chômage au troisième a atteint 27,1% de la population active, soit son niveau le plus haut depuis 2003. Depuis un certain temps par ailleurs, le solde budgétaire et le niveau de la dette extérieur reste source de préoccupation.

Dans ses négociations avec les agences de notation pour éviter la dégradation de sa note, Johannesburg aurait garanti un certain nombre de mesures concrètes qui permettrait un approvisionnement plus durable en énergie, une plus grande efficacité dans les entreprises publiques, des réformes du marché qui puissent conduire à une plus grande concurrence, ainsi que les réformes du marché du travail, concernant notamment le salaire minimum dont le niveau fait débat. Proposant de relever le salaire minimum à 3 500 Rand, le vice-président, Cyriul Ramaphosa, a personnellement rencontré l’agence Fitch Ratings la semaine dernière à ce propos.

Crise de confiance ? L’avis de Zuma…

En effet, toute dégradation de la note souveraine sud-africaine déclencherait une nouvelle crise de confiance des investisseurs dans un contexte de méfiance favorisé par les récents scandales politiques. Et le sujet inquiète tellement qu’il était à l’ordre du jour au parlement mercredi. Mais le président Jacob Zuma juge que les Sud-africains en font trop.

« Les avis des agences de notation sont importants pour le pays, ils font partie des nombreux mécanismes de suivi qui nous encouragent à améliorer la gouvernance dans le public et le secteur privé [...] Ce qui est amusant dans tout cela, c’est que les Sud-Africains ont trop politisé les agences de notation », a-t-il déclaré devant les députés estimant que lorsque les autres pays sont dégradés, on n’en entend pas parler.

Le président de la République estime que le gouvernement a fait « beaucoup d’efforts pour créer les conditions favorables à la croissance et éviter la dégradation de la note du pays ». Plus que quelques jours pour savoir si les agences de notation seront du même avis.

Ristel Tchounand
la tribune afrique

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