jeudi 24 septembre 2020
Accueil / Finances / Consolidation de l’économie mondiale : Le FMI recommande la réduction des déficits et la protection des dépenses sociales essentielles

Consolidation de l’économie mondiale : Le FMI recommande la réduction des déficits et la protection des dépenses sociales essentielles

Consolidation de l’économie mondiale : Le FMI recommande la réduction des déficits et la protection des dépenses sociales essentielles
Kristalina Georgieva, directrice du Fonds monétaire international (FMI)

Les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale de 20 pays industrialisés et émergents (G-20), qui se réunissent à Riyad, dans un contexte d’incertitude du paysage économique. Le Fonds Monétaire International (FMI), dans une tribune publiée sur son site web explique que cette rencontre doit être axée sur certains nombres de points afin de réduire l’incertitude et consolider les bases de l’économie mondiale.

En janvier, le FMI prévoyait que la croissance devrait se raffermir pour passer de 2,9 % en 2019 à 3,3 % en 2020, puis à 3,4 % en 2021. Cette expansion est tributaire d’une amélioration de la conjoncture économique dans certains pays émergents ou en développement. Avec des politiques monétaires et budgétaires qui ont jusqu’à présent été au rendez-vous. En effet, l’assouplissement monétaire a rehaussé la croissance mondiale de 0,5 point de pourcentage l’année dernière.
Toutefois, les bases de l’économie mondiale sont loin d’être solides. L’incertitude devient la nouvelle norme, avec l’apparition de certains facteurs. La plus pressante est le coronavirus, une urgence sanitaire mondiale. Si les perturbations causées par le virus prennent fin rapidement, l’économie chinoise devrait bientôt rebondir. Il en résulterait un net ralentissement de la croissance du PIB en Chine au premier trimestre de 2020, mais seulement un faible repli pour toute l’année. Toutefois, une épidémie de longue durée et plus grave entraînerait un ralentissement plus sensible et plus prolongé de l’économie chinoise. L’effet sur l’économie mondiale serait amplifié par une plus grande perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales et une baisse plus persistante de la confiance des investisseurs, en particulier si l’épidémie s’étend au-delà de la Chine.
Toujours selon le Fonds Monétaire International, la phase 1 de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine épargne la croissance mondiale de certaines des répercussions négatives immédiates. L’accord réduira ainsi l’effet des tensions commerciales sur le PIB en 2020 de 0,2 %, soit un quart de l’impact global. Ce type d’accord commercial bilatéral encadré peut causer une distorsion des échanges et de l’investissement, tout en freinant la croissance mondiale. Selon nos estimations, la régulation du commerce international coûte environ 100 milliards de dollars à l’économie mondiale.
La crise climatique n’est pas en marge. Selon des estimations publiées par les services du FMI, en général, une catastrophe naturelle liée au climat ralentit la croissance du pays touché de 0,4 point de pourcentage l’année où elle se produit.
Par ailleurs, une récente étude des services du FMI montre que la demande mondiale de pétrole devrait atteindre un pic au cours des prochaines décennies. C’est pourquoi le Conseil de coopération du Golfe et tous les membres du G20 ont raison d’insister de nouveau sur la diversification. L’investissement dans l’énergie propre et des infrastructures résilientes peut générer un triple dividende, c’est-à-dire prévenir de futures pertes, favoriser l’innovation et créer de nouveaux débouchés pour ceux qui sont le plus dans le besoin.
Dans la plupart des pays de l’OCDE et du G20, les inégalités de revenu et de richesse restent élevées. Il existe un écart considérable de débouchés en fonction du sexe, de l’âge et de la situation géographique. Nous savons que ces écarts peuvent rapidement se transformer en fossés qui alimentent l’incertitude quant à l’avenir, la méfiance envers les dirigeants et, en fin de compte, les troubles sociaux. Cette semaine, les dirigeants peuvent de nouveau privilégier l’amélioration des conditions de vie et la création d’emplois mieux rémunérés. En appui au G-20 et en collaboration avec la Banque mondiale, le FMI recense de nouveaux domaines où il est possible d’élargir l’accès aux débouchés. Il s’agit notamment d’une éducation de qualité, de la recherche et développement et de la numérisation.
La faiblesse actuelle des taux d’intérêt signifie que certains dirigeants pourraient avoir plus d’argent à dépenser. Bien entendu, ce conseil ne s’applique pas partout. Dans beaucoup de pays, la dette publique frôle des records. Dans les pays où le ratio dette/PIB est élevé, la rigueur budgétaire reste de mise.
Toutefois, lorsque nécessaire, la réduction des déficits doit toujours se faire en protégeant les dépenses sociales essentielles. C’est ainsi que les pays pourront augmenter l’accès aux débouchés pour tous et consolider les bases de leur économie.

Hervé Kakou (Collaborateur)

Ecodafrik

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut