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Coopération bilatérale : Le Canada octroie 31,5 milliards de FCfa au Sénégal

Coopération bilatérale : Le Canada octroie 31,5 milliards de FCfa au Sénégal

Le ministre canadien du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a annoncé, hier, que son pays va accorder 70 millions de dollars au Sénégal pour la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). Elle présidait, avec son homologue sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, la revue annuelle du Programme bilatéral de coopération entre les deux pays.

M C Bibeau CNDLe Canada s’est engagé à verser, sur cinq ans, 50 millions de dollars au Sénégal dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), a annoncé le ministre canadien du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, au cours de la revue annuelle du Programme bilatéral de coopération entre les deux pays. Elle a ajouté que son pays va octroyer 20 millions de dollars supplémentaires pour un programme connexe d’assistance technique. Qualifiant le Pse de « plan sérieux », elle a souligné que cette stratégie favorisera une « croissance forte et inclusive » et renforcera les institutions sénégalaises et la gouvernance démocratique, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Selon elle, cet investissement permettra également de doter la Cour des comptes du Sénégal de ressources humaines accrues « afin de renforcer sa capacité à effectuer des audits externes », soulignant que l’engagement canadien au Sénégal ira au-delà de l’appui budgétaire. Marie-Claude Bibeau a précisé que les conclusions de la consultation sur le recentrage de l’aide publique canadienne montrent que beaucoup de priorités coïncident avec le Pse.

Ce soutien intervient dans ce contexte marqué par un regain d’intérêt du Canada pour l’Afrique. Dans une tribune publié le 29 août, Marie-Claude Bibeau a indiqué que « le Canada sera de plus en plus présent en Afrique, en particulier en Afrique francophone ». « Au-delà de son programme de développement, le Canada se doit d’accroître son engagement diplomatique et politique avec ses partenaires africains, d’intensifier auprès d’eux sa coopération avec les institutions multilatérales africaines, de renforcer la coopération en sécurité et de multiplier ses échanges commerciaux », a déclaré la ministre canadienne. Elle a magnifié les efforts du Sénégal dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de la production et de la productivité agricole à travers le renforcement des organisations paysannes, la formation et l’innovation.

Marie-Claude Bibeau a indiqué que le Sénégal est un « modèle de bonne gouvernance, « pour le reste de l’Afrique par ses racines démocratiques profondes et tenaces ». La mise sur pied de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption ainsi que la publication en ligne des rapports budgétaires en sont, a-t-elle relevé, des exemples éloquents. Elle a apprécié les résultats importants sur le plan de l’éducation notamment en termes de qualité et d’accès à l’école pour les jeunes filles. « Au cours des sept dernières années, a-t-elle souligné, plus de 53 000 enseignants et 7 800 directeurs ont été formés à l’approche par compétences », en précisant que le Canada a financé l’acquisition et la distribution de plus de 3 millions de manuels scolaires. Elle a annoncé deux nouveaux projets canadiens d’une valeur de 23 millions de dollars qui visent à protéger les enfants, en leur donnant un milieu d’apprentissage et des manuels scolaires. Le Canada va, a-t-elle ajouté, octroyer près de 20 millions de dollars à l’Institut africain des sciences mathématiques.

Schéma directeur d’aménagement de la Grande côte
Pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, l’évaluation à mi-parcours du Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (paquet), a révélé des progrès notamment en construction, équipements et innovations pédagogiques dans le secteur de l’éducation. A son avis, la contribution annuelle du Canada en faveur de ce secteur prioritaire est de 30 millions de dollars Canadiens, soit environ 13,5 milliards de FCfa. « Grâce aux efforts du gouvernement, a-t-il noté, le taux d’abris provisoires est passé de 18 % en 2011, à 11 % en 2015, avec comme objectif zéro abri provisoire en 2019. Le ministre a indiqué que les projets financés par le Canada ont permis d’atteindre des résultats significatifs dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Il s’agit de  l’accroissement de la production agricole dans la zone des Niayes, en Casamance et dans la vallée du fleuve Sénégal, de l’amélioration des revenus des ruraux et d’une meilleure prévention des risques nutritionnels au sein des groupes les plus vulnérables. Cependant, beaucoup d’efforts restent encore à faire, a-t-il dit. « La problématique de la gestion du foncier dans la zone des Niayes préoccupe les autorités sénégalaises, conscientes que sans une protection efficace de cette zone, il serait difficile d’atteindre les objectifs en termes de production et d’exportation des produits horticoles », a-t-il poursuivi. Il a assuré que le Sénégal fera tout, dans le Projet d’appui au développement économique des Niayes, pour se doter d’un schéma directeur d’aménagement de la grande côte et d’un statut juridique permettant de protéger cette zone.

Souleymane Diam SY

Le déficit public est passé de 5,1% du Pib en 2014 à 4,8% en 2015
Amadou Ba revue CNDLe ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a indiqué que la gestion budgétaire 2015 a été caractérisée par la bonne tenue des agrégats macroéconomiques. Selon lui, le déficit public a enregistré un recul de 0,3 point, en passant de 5,1% du Pib en 2014 à 4,8% du Pib en 2015. Amadou Bâ présidait, hier, avec le ministre canadien du Développement et de la Francophonie, la revue annuelle sur le programme bilatéral entre les deux pays. Il a indiqué que l’appui du Canada est notable à travers un soutien aux mécanismes de lutte contre la corruption et la promotion de la transparence. « Notre objectif est de mettre en place un cadre favorable à une croissance économique durable et à promouvoir un secteur privé compétitif », a-t-il soutenu. Le ministre a souligné que cette amélioration est le résultat, à la fois, de la mobilisation satisfaisante des ressources internes et externes et des performances dans la gestion des dépenses publiques. « En 2015, s’est-il réjoui, l’activité économique s’est nettement revigorée avec une croissance de 6,5% du Pib contre 4,3% en 2014 ». Cette performance économique est due à une bonne mise en œuvre, au pilotage et au suivi rapproché du Pse mais aussi à la bonne campagne agricole 2015 et au regain de dynamisme dans le secteur secondaire, a ajouté le ministre de l’Economie et des Finances.

Souleymane Diam SY / lesoleil.sn

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