lundi 13 juillet 2020
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Coronavirus : Airbus en ordre de bataille pour faire face à une longue crise

Coronavirus : Airbus en ordre de bataille pour faire face à une longue crise

Après une suspension de quatre jours afin de mettre en place des mesures de sécurité sanitaire, la production a repris dans tous les sites industriels de l’avionneur européen. Entre les crédits supplémentaires et les mesures d’économies, Airbus a sécurisé quelque 30 milliards d’euros de liquidités, de quoi couvrir neuf mois de dépenses de fonctionnement. Le groupe appelle les Etats à soutenir ses clients compagnies aériennes.

Continuer à produire, même au ralenti, tout en préservant la trésorerie, face à l’attrition des recettes : telle est la ligne de conduite adoptée par Airbus pour traverser la crise du coronavirus. L’avionneur européen, qui avait suspendu pour quatre jours l’activité de ses sites industriels en France et en Espagne la semaine dernière, a redémarré, comme prévu, sa production ce lundi matin, après avoir mis en place des mesures de sécurité sanitaire. Et ce malgré l’opposition de plusieurs syndicats, qui réclament un arrêt prolongé des chaînes et la mise en confinement des salariés d’Airbus.

« Aucun site n’a été fermé, mais la production ne reviendra à la normale que très progressivement, a souligné le président exécutif d’Airbus, Guillaume Faury, lors d’une conférence de presse téléphonique. Nous devons apprendre à travailler dans ces conditions en veillant à la sécurité de nos salariés et nous n’avons pas d’autre objectif à ce stade ».

Une crise sanitaire et économique

« Nous devons faire face non pas à une mais à deux crises, l’une sanitaire et l’autre économique », a poursuivi le patron d’Airbus. Concernant l’aspect sanitaire, ce dernier a notamment annoncé l’achat de deux millions de masques en Chine, dont une partie sera distribuée aux « compagnons » d’Airbus et le reste, sera donné aux gouvernements. « Nous bénéficions aussi de l’expérience acquise en Chine, où aucun salarié d’Airbus n’a été infecté et où la production est progressivement revenue à la normale », a-t-il ajouté.

Concernant le volet économique, le groupe a annoncé ​des mesures financières, afin de permettre à l’entreprise de continuer de fonctionner sans risquer la panne de trésorerie, alors que les rentrées financières s’amenuisent. De nombreuses compagnies aériennes, dont l’activité est presque tombée à zéro, ont interrompu le versement des acomptes pour leurs commandes et engagé des discussions avec Airbus et Boeing afin de reporter voire annuler une partie de ces commandes.

15 milliards d’euros de crédits supplémentaires

Le constructeur européen a donc sécurisé pour 15 milliards d’euros de lignes de crédit, qui s’ajoutent à une ligne de crédit existante de 3 milliards. Il a aussi renoncé à verser pour 1,4 milliard de dividendes au titre de l’exercice 2019 et a suspendu l’abondement des fonds de pension, pour environ un milliard. « Nous réduisons nos dépenses et nos investissements partout où c’est possible », ajoute Guillaume Faury.

Pas besoin d’une aide directe « à ce stade »

En revanche, le patron d’Airbus ne juge pas nécessaire, « à ce stade », de solliciter une aide directe des Etats, contrairement à son rival Boeing , qui réclame une aide de 60 milliards de dollars pour lui-même et ses sous-traitants. « Nous ne demandons pas d’aide directe à ce stade, mais nous demandons un soutien fort à notre écosystème, en premier lieu aux compagnies aériennes, mais aussi à la chaîne de sous-traitants », a précisé le dirigeant.

Au total, entre les mesures d’économies et les crédits supplémentaires, Airbus aurait ainsi dégagé quelque 30 milliards d’euros de liquidités. Soit l’équivalent de 9 mois de dépenses de fonctionnement d’Airbus Avions commerciaux, selon la banque d’affaires Citi, qui estime même possible pour le groupe d’étendre sa capacité de résistance jusqu’à 27 mois.

Quel impact sur le carnet de commandes ?

Cependant, si l’avenir d’Airbus à court terme est assuré, les conséquences à moyen et long terme de cette crise sans précédent restent un point d’interrogation, y compris pour Guillaume Faury. « Lors des précédentes crises, la reprise avait été rapide, mais cette crise ne ressemble pas aux précédentes », a-t-il reconnu. Les conséquences sur le carnet de commandes restent notamment inconnues. Les « discussions » avec les compagnies aériennes pour reporter ou annuler des commandes sont en cours, « mais il est trop tôt pour donner plus de précisions », assure Guillaume Faury.

Tout dépendra du niveau de soutien des Etats aux compagnies aériennes pour surmonter la crise. Mais aussi de la vitesse à laquelle les voyageurs remonteront dans les avions une fois la pandémie jugulée. En Chine, où le plus gros de l’épidémie est passé, le trafic aérien est à peine revenu à 30 % de son niveau antérieur.

lesechos

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