vendredi 22 janvier 2021
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Coronavirus et Brexit: un cocktail fatal à l’économie britannique?

Coronavirus et Brexit: un cocktail fatal à l’économie britannique?

Les négociations du Brexit sont aujourd’hui dans l’impasse. La perspective d’une sortie du Royaume Uni sans accord fait craindre le pire pour l’économie britannique déjà fracassée par le Covid-19.

D’après l’OCDE le Royaume Uni sera le pays le plus affaibli par la pandémie avec un recul de son PIB de 11,5% pour cette année. Il pourrait endurer la pire récession depuis trois siècles. En avril le PIB a chuté de 20%, ce qui signifie que le niveau de richesse est retombé à son niveau de … 2002 ! Comme partout dans le monde le coronavirus frappe surtout les communautés les plus pauvres. Cela se traduit au Royaume-Uni par un prix sanitaire et économique beaucoup plus élevé dans les régions du nord de l’Angleterre, celles qui sont les plus favorables au Brexit. Les anciens bastions travaillistes qui ont donné leurs voix à Boris Johnson enregistrent le plus grand nombre de morts victimes du Covid et prennent de plein fouet le contre coup économique de la crise. L’impact économique est deux fois plus violent dans cette partie du pays que dans la région de Londres, acquise à l’Europe.

Boris Johnson pourra t’il aider ces régions défavorisées comme il s’y est engagé au lendemain de sa victoire aux élections ?

En cas de Brexit dur, l’exercice parait hautement improbable. Parce que les finances publiques sont déjà fortement  dégradées par les dépenses de relance liées à la pandémie ; le Covid a augmenté les disparités régionales au sein du royaume et le Brexit va les aggraver davantage encore parce que ce sont dans ces régions industrielles les plus pauvres que les emplois sont les plus menacés, dans l’automobile, l’aéronautique ou le tourisme, si aucun accord n’est trouvé entre Londres et Bruxelles. Seul un vaste programme d’investissement dans les infrastructures pourrait réparer ces inégalités et muscler ces régions. C’est ce que prévoyait le ministre des finances Rishi Shunak, mais il a aujourd’hui une priorité encore plus urgente : préparer un budget pour ranimer l’économie de son pays.

Une perspective qui semble lointaine, d’après l’institut E and Y le rebond n’aura pas lieu avant 2023

L’institut de l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair est encore plus pessimiste : selon ses experts la Grande Bretagne risque de ne jamais se remettre des dommages actuels. La contraction de l’économie va automatiquement comprimer les recettes fiscales et donc abaisser sa capacité à surmonter la crise. Quand le Brexit entrera dans les faits, le 31 janvier prochain, avec ou sans accord, le pays sera encore en train de se débattre avec la crise économique causée par la pandémie. Les difficultés sont susceptibles d’empirer quand le programme de chômage partiel soutenu par le gouvernement sera terminé,  c’est-à-dire à partir du mois d’octobre. Ce sera l’heure de vérité pour les entreprises, qui en perdant le filet de sécurité, seront peut-être contraintes à déposer leur bilan. Trop préoccupée par leur survie les entreprises n’ont matériellement pas les moyens de se préparer au Brexit sans accord. Dans ce cas elles seront exposées à une nouvelle calamité : des droits de douane élevés dans les échanges avec le continent, anéantissant leur compétitivité.  Le gouvernement est bien conscient de cette impréparation, il va lancer une campagne massive de communication choc, dans l’espoir de réveiller les entreprises et de les mobiliser en urgence pour qu’elles soient prêtes pour le brexit.

rfi

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