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Côte d’ivoire : OR, DIAMANT, MANGANÈSE: LES NOUVELLES MAMELLES DE L’ÉCONOMIE

Côte d’ivoire : OR, DIAMANT, MANGANÈSE: LES NOUVELLES MAMELLES DE L’ÉCONOMIE

C’est secret de polichinelle. La vision du gouvernement est de faire du secteur minier un moteur puissant de croissance économique. L’objectif est d’accroître la part de ce secteur dans le Produit intérieur brut (Pib) en l’augmentant de 1% actuellement à 5% en 2020.

Cette noble ambition repose sur l’importance du potentiel géologique et minier du pays. En effet, de sources proches de la Sodemi (Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire), plus des 2/3 du territoire ivoirien sont couverts par des formations réputées riches en minéralisations.

Ce sous-sol renferme notamment des ressources estimées à 2,740 milliards de tonnes de minerai de fer ; 298 millions de tonnes de minerai de nickel et 1,214 milliards tonnes de minerai de bauxite. Selon ces mêmes sources, ce potentiel géologique et minier demeure jusque-là sous exploré et sous exploité. Actuellement, seuls l’or, le manganèse et le diamant sont exploités. La production d’or est passée de 12,4 tonnes en 2011 à 18,6 tonnes en 2014, puis de 23,5 tonnes en 2015 à 25 tonnes en 2016, soit une progression de l’ordre de 50 à 18%. La production de manganèse connaît quant à elle, une tendance baissière. De 308.401 tonnes en 2014, elle est passée à 263.178 tonnes en 2015, soit une baisse de 14.66% liée à une chute des cours de ce minerai. En 2016, la production s’est établie à 2017 tonnes. En 2015, l’exploration et l’exploitation minières ont bénéficié de 77 milliards FCfa (1,17 million d’euros) d’investissements.

UN CODE MINIER PLUS ATTRACTIF

On peut donc le dire, le secteur minier connaît un certain essor même si on peut le qualifier de modeste. En 2016, selon l’Agence Bloomfield Investment corporation, le chiffre d’affaires déclaré par ce secteur était de 483,69 milliards de F Cfa contre 479,22 milliards de F Cfa en 2015. Pour que cet essor ne bénéficie pas qu’aux seules sociétés extractives, des dispositions ont été prises pour un accroissement des bénéfices apportés aux populations locales. C’est pourquoi, le gouvernement a pris des dispositions pour encourager l’investissement privé dans le secteur minier.

Pouvait-il en être autrement ? Certainement pas, d’autant que, d’un montant global de 30 000 milliards de F Cfa, le Pnd 2016-2020 est prévu pour être financé à hauteur 18000 milliards de F Cfa par le secteur privé soit un peu plus de 60%. Des réformes ont donc été introduites dans le code minier (adopté en mars 2014), afin de le rendre plus attractif pour les investisseurs privés et en cohérence avec les principes de transparence, de traçabilité et de responsabilité sociétale.
L’ambition d’augmenter la part du secteur minier dans Pib reste certainement une nécessité pour une économie qui paie assez cher sa trop grande dépendance du cacao qui constitue 50% des recettes d’exportation et 15% du Pib.

Il s’agit donc à travers le développement du secteur minier de poursuivre la diversification et la transformation de l’économie ivoirienne.
Ainsi, le nouveau code minier indique que l’Etat «encourage» la participation d’Ivoiriens dans le capital des sociétés minières et se réserve même le droit de subordonner l’autorisation d’activités minières industrielles à une telle participation. A ce titre, depuis 2014, le footballeur et international ivoirien Didier Drogba a acquis 5 % de la mine d’or d’Ity dans l’ouest du pays. Au-delà d’encourager la prise de participation des nationaux dans les exploitations, le nouveau code minier exhortent les sociétés titulaires de titres (généralement étrangères), à accorder la préférence aux entreprises locales dans le choix de leurs sous-traitants, à conditions équivalentes de qualité, de prix et de quantités. Ce n’est pas tout. Au niveau des contrats de construction, de fourniture et de prestations de services, ces sociétés doivent recourir aux Pme nationales, de même qu’elles se doivent d’employer en priorité du personnel de nationalité ivoirienne et établir et financer un programme de formation de ce personnel.

Francis Kouamé
fratmat.info

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