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Coût de l’accès universel à l’eau estimé à 150 milliards de dollars

Coût de l’accès universel à l’eau estimé à 150 milliards de dollars

Les Etats doivent multiplier par quatre leurs dépenses en faveur de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, plaide la Banque mondiale dans un rapport publié lundi. Le but est d’atteindre un total de 150 milliards de dollars (143 milliards de francs).
Les investissements doivent être mieux coordonnés et ciblés pour garantir les services aux personnes les plus vulnérables, précise l’agence onusienne.

Fournir un accès à l’eau courante dans les villes pourrait en outre engendrer des économies d’échelle, d’après la Banque mondiale. Le recouvrement des coûts serait donc rapide.

Prix élevé de l’eau

“Des millions de personnes sont engluées dans la pauvreté à cause des faibles approvisionnements en eau et en assainissement”, indique Guangzhe Chen, directeur du Global Water Practice de la Banque mondiale. “Il faut plus de ressources, destinées aux zones très vulnérables et difficilement accessibles, pour combler les manques et améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement”.

Le prix élevé de l’eau potable risque de mettre en péril la capacité des Etats à atteindre les objectifs de développement durable fixé par l’ONU afin de garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement avant 2030.

Plus de trois quarts des personnes privées d’eau courante vivent dans des zones rurales, où seulement 20% ont accès à des services d’assainissement améliorés, rapporte la Banque mondiale. Dans les villes, les catégories les plus démunies ont trois fois moins de chance d’accéder à l’eau courante que celles les plus aisées.

“Urgence silencieuse”

Plus de 40% des enfants de moins de cinq ans sont exposés au risque de maladies diarrhéiques et de malnutrition causées par l’insalubrité et un mauvais assainissement de l’eau dans des pays comme le Guatemala, le Niger, le Yémen et le Bangladesh. Cela crée des situations “d’urgence silencieuse”.
En 2015, un peu moins de 10% des Nigérians avaient accès à l’eau courante dans les villes, contre 29% en 1990. En Haïti, ils ne sont que 7% à en bénéficier, contre 15% par le passé.

“Les services d’approvisionnement et d’assainissement de l’eau doivent être améliorés considérablement, sinon les conséquences sur la santé et le bien-être seront catastrophiques”, a dit Rachid Benmessaoud, directeur de la zone Nigeria à la Banque mondiale.


Eau courante contaminée

Dans certains pays, il est parfois plus dangereux de boire de l’eau du robinet que celle des bassins. Au Bangladesh par exemple, près de 80% de l’eau courante est contaminée.

Du 27 août au 1er septembre, les chercheurs, les décideurs et les ONG se réunissent pour la semaine mondiale de l’eau (World Water Week) à Stockholm, afin de réduire le gaspillage de l’eau.

ATS
swissinfo.ch

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